De cœur à grandeur : l’hommage de Christian Folly à Me Koffigoh »

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Le mercredi 28 mai 2024, le Togo a vibré au rythme d’un hommage rare, presque sacré, lors de la cérémonie du Prix Gong Gaspard – Living Legends Award. Dans une époque souvent frappée d’amnésie collective, où la reconnaissance cède trop souvent le pas à l’ingratitude, la figure de Me Joseph Kokou Koffigoh s’est imposée comme un rocher de mémoire, un pilier d’intégrité, célébré par les siens, mais surtout reconnu par ses pairs.

Et parmi ces voix qui s’élevèrent ce jour-là, une a particulièrement retenu l’attention, à la fois grave, fraternelle et éclairée : celle de Folly Kossi Christian, Président Directeur Général de International Consulting & Advisory Services, ancien Secrétaire Général de l’Association des Compagnies Aériennes Africaines (AFRAA). Dans un témoignage vibrant, mêlant émotion, vérité historique et loyauté personnelle, il a redonné à l’exercice de l’hommage ses lettres de noblesse.

Un hommage à hauteur d’homme et d’histoire

« Cher Me Joseph Kokou Koffigoh, mon grand frère et ami de toujours… » : c’est par ces mots pleins de tendresse que M. Folly Kossi a entamé un témoignage rare de sincérité et de profondeur, où l’homme public croise l’ami intime, et le politique rejoint l’intellectuel.

Ce n’était pas un panégyrique fade, mais un récit incarné, celui d’un témoin de l’ombre, d’un proche discret, qui a vu de près le poids du pouvoir, la solitude du juste, la noblesse du résistant silencieux.

À travers son intervention, le public a pu redécouvrir le Koffigoh des années de feu, celui de 1991, propulsé à la tête d’un gouvernement de transition, en pleine tourmente démocratique. Il fallait alors plus que du courage : il fallait du cran trempé dans la lucidité, une sagesse forgée dans l’épreuve. Entre la pression de l’opposition, les rigidités de l’appareil d’État, et la fermeté légendaire du Général Eyadéma, le jeune Premier ministre a su incarner la tempérance dans la tempête, sans jamais sacrifier ses valeurs sur l’autel des circonstances.

Folly Kossi Christian, conseiller de l’ombre et artisan du dialogue

On l’ignorait peut-être, mais chaque week-end, alors qu’il servait à la Direction générale de Air Afrique, Folly Kossi Christian revenait à Lomé, pour assumer auprès de Me Koffigoh un rôle de Conseiller spécial officieux, chargé de reconstruire les ponts, recoller les brèches, réparer les mots avant qu’ils ne deviennent des maux.

C’est dans ce rôle invisible mais décisif qu’il se fit gardien du lien, architecte du dialogue, et vigile de la paix fragile. Son témoignage éclaire alors la figure de Koffigoh sous un jour plus intime : un homme de dialogue, certes, mais aussi un roc inébranlable, capable de plier sans rompre, de céder sans se renier.

« Il était un homme de compromis, mais jamais de compromission », a-t-il martelé avec élégance. Une formule qui pourrait bien résumer l’éthique politique de Me Koffigoh.

Une verticalité morale saluée à juste titre

Le Prix Gong Capard, dans sa dimension de Living Legends Award, n’a pas simplement décoré un parcours ; il a révélé une constance, une verticalité morale qui traverse les époques sans jamais se courber.

Folly Kossi, dans une émotion pudique mais palpable, a salué l’homme d’après le pouvoir : le penseur, l’écrivain, le sage républicain, resté fidèle à ses idéaux, témoin lucide d’un pays en mutation, mais toujours debout, sans bruit ni fanfare, mais avec tenue et tenue de route.

« Merci pour ce que tu es, pour ce que tu as été, pour ce que tu inspires à la jeunesse », a conclu l’orateur, la voix tremblante d’un respect que les années n’ont fait que renforcer.

Un exemple vivant pour les générations à venir

À l’heure où les jeunes cherchent des repères au-delà des apparences, l’exemple de Me Koffigoh demeure précieux. Non pas comme une statue figée dans le bronze des souvenirs, mais comme un souffle discret qui inspire l’engagement sincère, la parole tenue, l’action juste.

Par cet hommage, Folly Kossi Christian ne s’est pas contenté de saluer un homme : il a ravivé une flamme, celle d’un Togo qui se souvient, qui remercie et qui transmet.