Dans une atmosphère studieuse et empreinte de détermination, le Togo a franchi un nouveau cap sur la route de la modernisation du secteur du transport urbain. C’est dans le cadre prestigieux de l’Hôtel du 2 Février que s’est ouvert, ce mardi 8 juillet, l’atelier national de validation du plan d’action pour la professionnalisation du sous-secteur des transports par taxi-moto.
Organisé par le Ministère des Transports Routiers, Aériens et Ferroviaires, en étroite collaboration avec la Société Financière Internationale (IFC) – filiale du Groupe Banque mondiale –, cet atelier constitue une étape charnière dans la réforme ambitieuse portée par le gouvernement togolais pour encadrer et revaloriser un secteur aussi stratégique que populaire.
Présents dans chaque coin de rue, les taxi-motos sont devenus au fil des années le visage familier d’une mobilité rapide, accessible et adaptative. Mais derrière cette agilité se cachent également des enjeux de sécurité, de régulation, de formalisation et de durabilité.
Conscient de ces défis, l’État togolais, avec le concours de partenaires techniques et financiers, a élaboré un plan d’action structuré visant à transformer en profondeur ce sous-secteur longtemps relégué dans les marges de l’informel
L’un des jalons majeurs de cette réforme est la loi n°23-104-APR du 20 octobre 2023, qui encadre l’exploitation des véhicules à moteur de type taxi, taxi-moto et tricycle. Cette loi ambitieuse donne un cadre clair, précis et équitable à un métier jusque-là régi par des pratiques disparates. Un moratoire de 24 mois a été accordé aux acteurs du secteur afin de permettre une transition progressive et responsable.
Dans cette dynamique, l’atelier du jour avait pour triple objectif :Valider officiellement le plan d’action national ;En assurer l’appropriation collective par toutes les parties prenantes et Définir les leviers d’engagements financiers et techniques nécessaires à sa mise en œuvre.
En ouverture de cet atelier, M. Komlan Tindano, Secrétaire général du ministère des Transports Routiers, Aériens et Ferroviaires, a porté la voix de l’État togolais. Avec hauteur de vue et fermeté, il a rappelé que cette réforme, loin d’être une contrainte, est une opportunité structurante pour revaloriser un métier essentiel au quotidien des populations urbaines. Son discours a donné le ton d’un engagement collectif et d’un dialogue ouvert avec tous les acteurs concernés.
Prenant ensuite la parole, M. Hamidou Sorgo, représentant de la Société Financière Internationale (IFC), a, quant à lui, décliné les dix piliers fondateurs du plan d’action, en soulignant leur portée transformative. Entre innovation, sécurité, inclusion et durabilité, son intervention a posé un cadre clair, ambitieux et résolument tourné vers l’avenir d’une mobilité urbaine moderne au Togo
L’un des atouts majeurs de ce processus est le cadre de dialogue public-privé mis en place, qui a rassemblé ministères, syndicats, opérateurs de transport, organisations professionnelles, société civile et experts internationaux.
Le plan d’action présenté lors de l’atelier est le fruit d’un consensus, bâti autour des réalités du terrain, des aspirations des conducteurs et des exigences de sécurité et de développement durable.
Au-delà des aspects réglementaires, la réforme mise aussi sur l’innovation et la transition écologique, en encourageant l’introduction progressive de véhicules moins polluants et en promouvant des outils numériques de gestion.
La traçabilité des flux financiers, l’amélioration des conditions de travail, la responsabilisation des acteurs et la promotion de valeurs citoyennes sont autant de piliers de cette transformation ambitieuse