Lomé s’illumine : Le FIGA 2025 ouvre le bal des images et des rêves

CULTURE

Sous les lumières feutrées de l’Institut français de Lomé, ce vendredi 10 octobre 2025, les rideaux se sont levés sur une soirée d’ouverture empreinte d’émerveillement et de symboles . Le Festival International du Film d’Animation (FIGA) a lancé sa deuxième édition dans une atmosphère où se mêlaient prestige, émotion et promesse d’avenir.
Devant un parterre d’artistes, de diplomates, de professionnels des médias, du cinéma et d’amoureux de l’image animée, le Togo a pris des allures de studio planétaire : une fabrique de rêves où l’Afrique s’anime, cadre après cadre.

Dans son adresse empreinte de lucidité et de passion, M. Daniel Atchali, directeur du festival, a rappelé le chemin parcouru :

« Le FIGA est né d’une réflexion entamée il y a plusieurs années ici même, à l’Institut français. Ce qui n’était autrefois qu’une simple “Fête du cinéma d’animation” est aujourd’hui un festival international reconnu, un pont entre le Togo et le reste du monde. »

Cette métamorphose n’est pas anodine. L’an dernier, la présence du célèbre Michel Ocelot, père de Kirikou, avait propulsé le festival sur la scène mondiale. Cette année, la dynamique se poursuit avec un engouement sans précédent : 372 films reçus, issus de 72 pays.
Pour le Togo, pays hôte, c’est bien plus qu’un succès statistique — c’est la confirmation d’une ambition : faire de Lomé une capitale du cinéma d’animation en Afrique.

Le FIGA 2025 se distingue par sa richesse et sa diversité. Plus d’une centaine de films sont en compétition, répartis entre plusieurs catégories. Des prix nationaux et internationaux récompenseront les meilleures œuvres, dont le très attendu prix de la réalisation togolaise, remporté à l’ouverture par le film Le Pain.

Mais le FIGA, ce n’est pas qu’un écran. C’est aussi un espace d’expression totale : défilés de cosplays, concours de voix-off, créations musicales, ateliers et panels thématiques. L’animation s’y dévoile dans toutes ses dimensions, de la technique à l’esthétique, de la narration à la bande sonore.

« L’animation n’est pas seulement ce que l’on voit à la télévision, souligne M. Atchali. C’est un champ infini de métiers, un espace où s’unissent les voix, la musique et l’image pour donner vie à l’imaginaire. »

Le FIGA n’est pas qu’un festival : c’est un laboratoire de formation et de transmission.
Dans un pays où il n’existe pas encore d’école spécialisée, le festival sert de tremplin aux jeunes talents. Des ateliers, dirigés par des experts internationaux comme Zaven Najjar, réalisateur du film Allah n’est pas obligé, offrent aux participants une immersion complète dans les « pipelines d’animation », de la conception à la réalisation.

Ces échanges « B2B », entre créateurs et producteurs, ouvrent de réelles perspectives économiques. Les panels de la journée d’ouverture, centrés sur l’économie de l’animation, ont permis de réfléchir à la distribution, au financement et à la communication dans un secteur en pleine effervescence.

Pour M. Atchali, l’enjeu dépasse la simple diffusion d’œuvres :

« L’Afrique a des histoires à raconter, et l’animation lui offre un langage universel. C’est une manière de penser l’avenir, de rêver mieux, et de faire rayonner nos imaginaires au-delà des frontières. »

Le FIGA se veut donc un miroir et une vitrine : miroir d’une jeunesse africaine inventive, vitrine d’un continent qui s’impose dans les industries créatives mondiales.
À travers ses prix, ses projections et ses rencontres, le festival aspire à donner aux créateurs africains les moyens d’exister sur la carte mondiale de l’animation.

Un moment d’exception ce samedi : “Allah n’est pas obligé” en avant-première

Le point d’orgue du week-end s’annonce déjà : ce samedi 11 octobre à l’Institut français de Lomé, le FIGA offrira au public la projection exclusive du film Allah n’est pas obligé, en présence de son réalisateur Zaven Najjar.
Inspirée du roman culte d’Ahmadou Kourouma, cette œuvre majeure de l’animation contemporaine allie émotion, mémoire et art graphique pour interroger la guerre, l’enfance et la survie à travers le regard d’un jeune enfant soldat.
Une projection inédite, avant sa grande sortie en 2026, qui fera sans nul doute date dans l’histoire du festival.

L’ouverture n’était qu’une esquisse. Le festival se poursuivra jusqu’à dimanche, jour d’apothéose artistique :
finale du concours de voix-off, défilé de cosplays, projection des meilleurs films de la francophonie et remise des prix.
Le tout, dans un esprit de célébration, de partage et d’exaltation de la créativité africaine.

Dans la salle Magic lumineux de l’Institut français, l’air vibrait ce vendredi d’un souffle nouveau : celui d’une Afrique créative, consciente de son potentiel, prête à écrire sa propre histoire image par image.
Le FIGA 2025, en animant le monde depuis Lomé, rappelle que le rêve africain n’est plus une esquisse , il est en mouvement.