Émergence 2025 : Du 1er au 6 Novembre :Le Togo déroule le tapis rouge aux talents du continent

CULTURE SOCIETE

Le septième art togolais se prépare à vibrer sous les projecteurs d’une nouvelle aventure cinématographique. Du 1er au 6 novembre 2025, Lomé et Kpalimé accueilleront la 12ᵉ édition du Festival Émergence Films, rendez-vous désormais incontournable des passionnés d’images et de récits africains.
L’annonce en a été faite lors d’une conférence de presse tenue à Lomé, où le comité d’organisation a dévoilé les grandes lignes d’une édition prometteuse, placée sous le signe de la créativité et du partage.

Cette édition s’ouvre sur une note profondément togolaise avec le long métrage « SIFA, la gardienne de nos terres » de Dhémanane Malélba Kafechina, film d’ouverture de 1h42 qui explore, avec sensibilité et engagement, des thématiques universelles : justice foncière, droits des enfants et protection de l’environnement. Une œuvre à la fois poétique et militante, miroir des luttes et espoirs contemporains du continent.

Cette année, le Sénégal est à l’honneur. Une délégation d’une quinzaine de professionnels du cinéma, conduite par le directeur de la cinématographie sénégalaise, rejoindra Lomé pour partager son savoir-faire à travers des ateliers de formation, des sessions de mentorat et des projections de films emblématiques. Une collaboration qui scelle un pont entre deux nations unies par la passion du grand écran.

Le festival déploiera également ses caméras à Kpalimé, dans le Grand Kloto, pour des projections, des rencontres entre cinéastes et des moments d’évasion culturelle. Parmi les temps forts, une action sociale au Centre des malvoyants, avec la projection d’un film en audio-description, afin d’offrir aux non-voyants la magie du cinéma autrement.
Une initiative saluée comme un geste d’inclusion rare et profondément humain.

Grâce à un appel à la mobilité, le Bénin sera également de la partie, soutenu par le Goethe-Institut, qui facilite la venue de plusieurs professionnels. Une preuve supplémentaire que le Festival Émergence se veut un carrefour de circulation des talents, un espace où les frontières s’effacent au profit de la création collective.

Former, encadrer, faire éclore

« C’est officiellement lancé ! Nous avons aujourd’hui une solide expérience et espérons que cette édition sera à la hauteur des précédentes », a déclaré le promoteur du festival, Joël Tchedre, visiblement fier du chemin parcouru.
Le programme mettra l’accent sur plusieurs ateliers de formation, notamment sur le court métrage, le développement du long métrage et l’actorat.
« Réaliser un premier film reste difficile pour les jeunes cinéastes, souvent freinés par le manque de moyens et d’accompagnement. Cet atelier de création leur offrira encadrement, équipement et accompagnement pour réaliser leur premier ou deuxième film », a-t-il ajouté.

Parmi les invitées de marque, Clotilde Bertet, cinéaste française installée à Lomé, animera le laboratoire de l’émergence du film documentaire. Elle accompagnera les porteurs de projets dans l’écriture, le traitement et la faisabilité de leurs films, en vue d’un pitch final prévu le 6 novembre, doté du Prix Canal+.
« Le Festival Émergence est un événement unique dans le paysage du cinéma africain : entièrement gratuit, ouvert à tous, avec des projections, des master class et des opportunités pour les jeunes réalisateurs », a-t-elle confié, saluant la qualité des projets reçus.

Au total, 40 films venus de 23 pays seront présentés : 33 courts métrages et 7 longs métrages, dont 5 en compétition. Les critères de sélection reposent sur la force du scénario, la prestation des acteurs et la valeur artistique et technique des œuvres.
Une diversité d’horizons et de sensibilités qui promet un kaléidoscope d’émotions et de réflexions.

Le Festival Émergence Films poursuit, avec constance, sa mission première : promouvoir les jeunes talents africains, favoriser les échanges professionnels et renforcer la visibilité du cinéma émergent du continent.
À Lomé comme à Kpalimé, les projecteurs s’allumeront non seulement sur les écrans, mais aussi dans les esprits, pour célébrer la puissance du récit africain et la beauté des rêves mis en images