« À l’Ombre du Baobab » :Henri Koudjolou Dogo, le scribe du souvenir national

CULTURE POLITIQUE

Le 18 octobre 2025 restera gravé comme une date où le passé et le présent du Togo se sont donné rendez-vous sous l’ombre bienfaisante d’un symbole : le Baobab de la mémoire. À l’occasion de la dédicace de l’ouvrage « À l’Ombre du Baobab », écrit par l’Honorable Ministre et Sénateur Henri Koudjolou Dogo, le Togo a rendu un vibrant hommage à l’un de ses fils les plus dévoués et, par ricochet, à l’illustre Père de la Nation, le Général Gnassingbé Eyadéma, rappelé à Dieu il y a vingt ans.

L’évènement, empreint d’une solennité toute républicaine, s’est déroulé dans la somptueuse salle Fazao de l’Hôtel 2 Février, sous la présidence effective du Président du Sénat, Barry Moussa Barqué, représentant personnel de Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil.

Un parterre de personnalités politiques, administratives, universitaires et coutumières avait pris place pour ce moment d’histoire vivante : ministres, députés, sénateurs, officiers supérieurs des forces de défense et de sécurité, chefs traditionnels et enseignants-chercheurs, tous venus saluer la sagesse d’un homme et la grandeur d’un héritage.

Dans son discours d’ouverture, le Colonel Hodabalo Awaté, Ministre de l’Administration territoriale et Président national du Comité d’organisation des hommages au Père de la Nation, a planté le décor d’une cérémonie qui, selon ses mots, « va bien au-delà d’une simple présentation d’ouvrage ».
Il s’agit, a-t-il souligné avec gravité, d’un devoir de mémoire, d’une « continuité vivante de la pensée et de l’action du Père de la Nation ».

Saluant la plume du doyen d’âge du Sénat, le ministre Awaté a loué « une œuvre de l’esprit, un témoignage vibrant d’un citoyen ayant servi avec loyauté aux côtés du Général Eyadéma ».
« À l’Ombre du Baobab », a-t-il poursuivi, « n’est pas qu’un livre ; c’est un arbre à palabres où la mémoire nationale prend racine et s’élève vers l’avenir. »

Le livre : un miroir de l’histoire et un héritage de sagesse

Dans cet ouvrage, Henri Koudjolou Dogo livre un récit personnel d’une rare richesse, dévoilant les coulisses du pouvoir sous la présidence de Gnassingbé Eyadéma. De la naissance du régime à sa longévité exceptionnelle, en passant par ses crises et ses métamorphoses, l’auteur partage les souvenirs encore vifs d’un haut fonctionnaire devenu acteur politique de premier plan.

Témoin direct, parfois confident privilégié du Président Eyadéma, et toujours profondément engagé, il ne se contente pas de relater : il analyse les dynamiques internes, les défis économiques et sociaux, ainsi que les relations internationales du Togo durant cette ère.
À l’Ombre du Baobab (Gnassingbé Eyadéma) se veut un hommage vibrant à la mémoire collective, une contribution précieuse à la compréhension d’une époque complexe.
Une parole rare, nourrie de fidélité, d’expériences et de recul, pour comprendre, transmettre, édifier et rassembler — des mémoires d’espérance pour un Togo uni et prospère.

Henri Koudjolou Dogo est une figure discrète mais incontournable de la vie politique togolaise. Diplômé en sciences économiques et en planification, il entame sa carrière au Haut-Commissariat du Plan, qu’il dirige avant d’entrer au gouvernement. De 1972 à 1982, puis de 1990 à 1991, il occupe plusieurs postes ministériels de premier plan.
Entre-temps, il siège à la direction de la multinationale Air Afrique. Fidèle compagnon du Président Eyadéma jusqu’à son décès en 2005, il demeure l’un des rares témoins de l’intérieur de cette époque.

Sénateur de la Ve République togolaise, il signe ici, à l’occasion de la commémoration du 20e anniversaire du rappel à Dieu du Père de la Nation, ses mémoires politiques, en forme d’hommage et de méditation sur un demi-siècle d’histoire nationale.

Le discours du ministre Awaté a également rendu hommage au leadership de Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, dont il a salué la clairvoyance politique et la diplomatie agissante. Sous sa houlette, a-t-il rappelé, « la promotion de la culture, de la citoyenneté et de la mémoire nationale demeure au cœur de l’action gouvernementale ».

« Célébrer la mémoire du Général Eyadéma, c’est réaffirmer notre engagement à poursuivre son œuvre d’éducation, de paix et de développement », a-t-il déclaré, avant de lancer cet appel vibrant :
« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre. »

Entre émotion et réflexion, la cérémonie fut un moment d’unité nationale, où le passé s’est offert au présent comme un guide pour l’avenir. Dans la salle, le murmure des pages de l’histoire se mêlait aux applaudissements nourris des invités.