Togo : La République s’accorde un nouveau souffle – Quand le Parlement devient le cœur battant de la Nation

POLITIQUE

Sous les ors du palais de la Représentation nationale, ce mardi 02 décembre 2025, la République togolaise a tourné une page pour mieux écrire son avenir. En présentant devant le Parlement réuni en congrès son discours sur l’état de la Nation, conformément à l’article 50 de la Constitution, le Président du Conseil, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, a insufflé une nouvelle dynamique au régime parlementaire désormais consolidé. La séance, présidée par Son Excellence Professeur Komi Selom Klassou, s’est tenue en présence du gouvernement, du corps diplomatique, des autorités civiles, militaires et traditionnelles.

La Ve République : l’encre fraîche d’une démocratie repensée

Dès les premières lignes de son allocution, le Président du Conseil a rappelé que la Cinquième République n’est pas un simple chapitre juridique, mais la préface d’un nouvel imaginaire démocratique. « L’adoption de la Cinquième République marque un tournant historique (…) celle d’un régime parlementaire moderne, apaisé et équilibré », a-t-il affirmé.

Pour lui, la réforme institutionnelle n’est pas un ajustement technique mais une révolution du regard citoyen. Elle transforme la manière d’exercer le pouvoir en privilégiant la proximité, l’équité et la redevabilité.

La Ve République consacre également une gouvernance plus proche des territoires. Le Sénat, désormais en activité, porte la voix des régions. Les conseils régionaux nouvellement élus rappellent que la démocratie vit dans les villes comme dans les campagnes. La décentralisation devient une réalité concrète, nourrie d’une véritable volonté politique.

Appel à la mobilisation : la Nation comme œuvre collective

Le Président du Conseil a ensuite tracé les contours d’un nouveau pacte entre l’exécutif, le législatif et les citoyens. Dans cette République parlementaire, aucune transformation durable ne peut reposer sur un seul homme. Le Parlement devient un incubateur d’idées, un moteur d’équilibre et un refuge pour le débat constructif.

Il a rappelé aux élus leur responsabilité historique : faire vivre une démocratie exigeante, vigilante, créative et loyale envers le peuple.

Le discours a esquissé les contours d’une nouvelle ère politique où le débat ne rime plus avec combat mais avec entente constructive. Le Président du Conseil a invité à dépasser les clivages pour instaurer un dialogue fondé sur la dignité, l’écoute et la recherche de compromis. L’opposition, sentinelle du bon fonctionnement démocratique, est appelée à jouer pleinement son rôle de vigie et de force de proposition.

La démocratie parlementaire doit se transformer en un véritable orchestre institutionnel, où majorité et opposition jouent des partitions différentes au service d’une même symphonie : l’intérêt général.

Au cœur de son intervention figurent dix chantiers prioritaires destinés à améliorer concrètement la vie des citoyens : l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable, l’électricité, l’emploi des jeunes, la sécurité alimentaire, l’inclusion financière, la justice territoriale, la transition écologique et la digitalisation. Ces priorités incarnent la volonté d’une République qui n’abandonne personne.

L’équité territoriale devient un pont entre les régions, l’équité sociale une main tendue vers les plus vulnérables. L’inclusion devient une méthode et non plus un concept. La justice, enfin, se modernise pour être plus accessible, plus rapide et plus humaine.

Dans ce cadre, le Président du Conseil a instruit le ministre de la Justice de proposer des mesures de grâce pour les détenus en longue détention, les auteurs de délits mineurs, les personnes âgées en fin de peine et les détenus gravement malades.

Dans un appel vibrant, le Président du Conseil a proposé un pacte national fondé sur la loyauté, la solidarité et la rigueur. Le régime parlementaire devient ainsi une éthique partagée, une responsabilité individuelle au service d’un destin collectif.

Le Président de l’Assemblée nationale, Professeur Komi Selom Klassou, a qualifié ce discours de bréviaire pour le développement durable du Togo et a salué un moment exceptionnel d’harmonie institutionnelle. Le Congrès, unanime, a exprimé sa satisfaction et son adhésion à cette vision qui allie modernité, responsabilité et proximité.

Ainsi s’écrit au Parlement togolais la première page d’une République d’équilibre et d’espérance.