Dans une capitale devenue, le temps d’un événement, le théâtre de la prévoyance collective, les acteurs du secteur assurantiel togolais ont donné le coup d’envoi des Journées de l’assurance, subtilement métamorphosées en « Village de l’assurance ». Sous le haut patronage du ministre en charge des Assurances, Jean-Marie Koffi Tessi, cette initiative d’envergure nationale s’est ouverte par une caravane de sensibilisation éclatante, sillonnant les artères de Lomé comme pour inscrire la culture assurantielle dans le paysage urbain et mental des citoyens.
Au-delà de la symbolique, l’ambition est claire : réconcilier l’assurance avec l’assuré, restaurer la confiance parfois ébréchée et semer les graines d’une prévoyance durable, socle discret mais essentiel du développement économique.
Portée par une synergie institutionnelle exemplaire — la Direction nationale des assurances, le Comité des assureurs du Togo (CAT) et la Fédération togolaise des assureurs-conseils (FETAT) — l’initiative s’articule autour d’un thème aussi simple qu’interpellant :
« Et si on s’assurait tous ? »
Derrière cette question faussement candide se cache une triple ambition : éclairer les consciences, valoriser les métiers de l’ombre du secteur et resserrer le pacte de confiance entre compagnies et assurés. Conçues comme un espace de dialogue à ciel ouvert, ces journées entendent vulgariser les mécanismes de l’assurance, en dévoiler les garanties, en clarifier les contours et désamorcer les préjugés qui freinent encore son appropriation par le grand public.
Avec un réalisme assumé, le ministre Jean-Marie Koffi Tessi a dressé le portrait sans fard du secteur : un marché encore exigu, fragmenté et peu inclusif, peinant à toucher les ménages à revenus modestes et les petites et moyennes entreprises. Il a notamment souligné la faible couverture automobile, la quasi-absence de micro-assurance et l’urgence de refonder la confiance par des pratiques plus transparentes et une gestion diligente des sinistres.
Inscrivant cette dynamique dans la vision impulsée par le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, le ministre a rappelé que le renforcement du secteur assurantiel constitue une priorité stratégique nationale. Il a appelé à une mobilisation collective autour de cinq piliers majeurs : l’inclusion assurantielle, la protection du consommateur, la résilience face aux risques climatiques, la bonne gouvernance et la solvabilité des compagnies, ainsi que la formation continue des professionnels.
« Notre réponse doit être concertée, pragmatique et ambitieuse », a-t-il insisté, invitant à faire de ce village un laboratoire d’actions concrètes au service du citoyen.
Pour Assignon Koffi Elom, directeur national des assurances, le thème retenu sonne comme un appel à la responsabilité partagée. À l’heure où les vulnérabilités économiques se multiplient, l’assurance ne relève plus du confort, mais d’un impératif de stabilité. Elle devient, selon ses termes, un levier stratégique de résilience, capable de préserver les équilibres financiers des ménages comme ceux de l’économie nationale.
Même son de cloche du côté de David Akoué, président de la FETAT, qui a salué la communion des volontés entre institutions. Plaidant pour une démarche de proximité, il a insisté sur la nécessité d’aller vers les populations, de désacraliser le jargon technique et d’expliquer, avec pédagogie, l’utilité concrète de l’assurance dans le quotidien. Ambitionnant d’inscrire ce rendez-vous dans la durée, il a appelé à en faire une tradition annuelle, vecteur d’une culture de prévoyance partagée.
Les festivités ont été inaugurées par une caravane d’information aussi sonore que symbolique, prélude à une série d’activités de sensibilisation destinées à faire du Village de l’assurance non seulement un lieu d’exposition, mais surtout un espace d’appropriation citoyenne