Sous les auspices d’une ambition partagée et d’une volonté réformatrice assumée, la Plateforme du secteur privé de la santé au Togo (PSPS-Togo) a levé le voile, ce jeudi à Lomé, sur les préparatifs de la toute première édition des Journées du secteur privé de la santé (JSPS). Une initiative qui, au-delà de l’annonce, sonne comme une ordonnance stratégique pour consolider les fondations de l’Assurance maladie universelle (AMU).
Prévue pour les 16 et 17 avril prochains, cette grand-messe sanitaire s’inscrit sous le sceau d’un thème évocateur : « Rôle du secteur privé dans la promotion de l’Assurance maladie universelle au Togo ». Une thématique qui, loin d’être anodine, invite à ausculter les synergies possibles entre acteurs publics et privés afin de garantir une couverture sanitaire à la fois inclusive, efficace et durable. À travers cette rencontre, les initiateurs entendent informer, mobiliser et fédérer les énergies autour d’un projet d’intérêt national, véritable levier de justice sociale.
Une symphonie sanitaire en quête d’harmonie
Dans un contexte où la santé se conjugue désormais au pluriel des acteurs, le secrétaire général du ministère en charge de la Santé, Wotobe Kokou, a salué une initiative en parfaite consonance avec la partition gouvernementale. Pour lui, le secteur privé n’est plus un simple figurant, mais un acteur de premier plan dans l’accès aux soins. « Ensemble, nous portons l’Assurance maladie universelle, chère aux plus hautes autorités. Il s’agit d’orchestrer intelligemment nos compétences pour mieux soigner nos concitoyens », a-t-il déclaré, appelant au passage à une régulation plus fine du secteur pour garantir qualité, équité et confiance.
Le privé, ce pilier discret mais décisif
Si la santé est une prérogative régalienne, elle se décline aussi à travers des relais stratégiques. À ce titre, le président de la PSPS-Togo, Dr Kpéto Innocent, a rappelé avec force chiffres à l’appui que le secteur privé assure plus de 60 % de l’offre de soins et plus de 80 % des produits de santé au Togo. Un poids considérable, mais encore en quête de reconnaissance et de visibilité.
« Nous sommes un maillon essentiel, parfois le seul recours dans certaines régions pour des services spécialisés comme le scanner ou l’ophtalmologie avancée », a-t-il souligné, plaidant pour une meilleure intégration du privé dans l’écosystème sanitaire national. Pour lui, ces journées constituent une halte nécessaire pour dresser le bilan de deux années d’engagement dans l’AMU et tracer les sillons d’un système plus résilient.
De la dépendance à l’indépendance : l’ordonnance d’une souveraineté sanitaire
Au-delà des discours, les JSPS ambitionnent de poser les jalons d’une véritable souveraineté sanitaire et industrielle. Réunissant entre 200 et 250 participants – cliniques, pharmacies, laboratoires, partenaires techniques et financiers – cette rencontre se veut un laboratoire d’idées et un incubateur de solutions.
Les échanges porteront notamment sur les défis de financement, mais aussi sur la nécessité de bâtir une industrie locale de santé, capable de réduire la dépendance aux importations. Une leçon tirée à vif de la pandémie de Covid-19, qui a révélé les fragilités des chaînes d’approvisionnement.
En appelant à une mobilisation nationale et sous-régionale, Dr Kpéto esquisse une vision claire : faire de ces journées un tournant décisif, où le secteur privé ne se contente plus d’accompagner, mais co-construit, aux côtés de l’État, un système de santé inclusif, performant et souverain.
Ainsi, au Togo, la santé ne se contente plus d’être soignée : elle se pense, se structure et se réinvente. Et dans cette dynamique, le secteur privé entend bien jouer sa partition… au diapason de l’intérêt général.