Alors que s’est refermée la première session ordinaire de l’Assemblée nationale, le Togo entre dans une période charnière, où la parole citoyenne s’apprête à s’exprimer dans les urnes, et où l’impératif de l’unité nationale résonne avec une acuité renouvelée.
À la tribune du Parlement, Son Excellence Monsieur Kodjo Sévon-Tépé Adedze, Président de l’Assemblée nationale, a livré un discours d’une densité politique et morale rare, jetant un pont entre le bilan républicain accompli et les exigences à venir, tant sur le plan électoral que sociétal.
Les élections municipales prévues en juillet constituent, selon le Président de l’Assemblée, un jalon démocratique de première importance. Ces scrutins, loin de n’être que des formalités électorales, incarnent la respiration civique d’un peuple qui veut décider de son quotidien, de ses infrastructures, de ses solidarités locales.
« À travers ces élections, c’est la République qui descend au village, qui parle au canton, et qui s’installe à la table des citoyens », a-t-il affirmé. Cette étape décisive de la décentralisation permettra aux populations de désigner celles et ceux qui, demain, seront les maçons de la cité, les veilleurs du bien commun.
Mais aucune élection, aussi bien préparée soit-elle, ne peut porter ses fruits sans un climat de concorde nationale. Le Président Adedze l’a rappelé avec force : la démocratie tolère le désaccord, mais rejette la désunion. Dans une période où certains discours tentent de fissurer la maison commune, il a lancé un appel au sursaut patriotique, à la raison collective, à la solidarité des cœurs.
« La République est un arbre dont les racines plongent dans l’histoire, mais dont les fruits dépendent du soin qu’on lui accorde aujourd’hui », a-t-il souligné. La cohésion sociale n’est pas une abstraction : elle se tisse au quotidien, dans les mots, dans les actes, dans les choix citoyens.
Évoquant les actes de violences récents et la tragédie du 4e lac à Akodesséwa, le Président de l’Assemblée a exprimé sa compassion aux familles endeuillées, tout en promettant que la lumière sera faite sur les circonstances de ces événements dramatiques. Il a mis en garde contre les tentatives de récupération, les manipulations émotionnelles et les discours incendiaires.
La République, a-t-il rappelé, se défend par le droit, s’élève par la justice, et se protège par la vérité. C’est dans le calme de l’examen démocratique – et non dans le vacarme des émotions instrumentalisées – que se construit une société juste et durable.
Face à ces défis, la vigilance citoyenne devient une vertu cardinale. Il ne suffit plus de posséder une carte d’électeur : il faut avoir une conscience d’électeur, éclairée, engagée, exigeante.
« Voter, c’est parler avec gravité. Veiller, c’est garder la République éveillée », a lancé le Président. Il a mis en garde contre les dérives passionnelles et partisanes, invitant les acteurs politiques et les citoyens à faire du scrutin un acte de paix, non un champ de discorde.