Municipales 2025 au Togo : Des urnes sereines sous l’œil vigilant du Conseil de l’Entente

POLITIQUE

Dans une atmosphère empreinte de calme républicain, le Togo a organisé, le 17 juillet 2025, ses deuxièmes élections municipales dans le cadre de la communalisation intégrale. Un rendez-vous électoral scruté avec rigueur par la mission d’observation du Conseil de l’Entente, conduite par le Professeur Katiénéffooua Adama Ouattara, Directeur général des Politiques d’intégration du ministère ivoirien des Affaires étrangères.

Arrivée à Lomé le 13 juillet, la délégation a multiplié les consultations avec les institutions clefs du processus électoral, notamment la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), le ministère de l’Administration territoriale, la Cour suprême, la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), le ministère de la Sécurité, ainsi que les Commissions Électorales Locales Indépendantes (CELI).

Le rapport préliminaire de la mission souligne des avancées notables dans la préparation et le déroulement du scrutin. La CENI et les CELI ont, selon les observateurs, mis en place des dispositions administratives, logistiques et techniques conformes aux standards internationaux. En parallèle, la Cour suprême a déployé des délégués sur le terrain afin de garantir la transparence et la régularité du processus.

Sur le plan sécuritaire, le gouvernement togolais a instauré la FOSEM 2025, une force spéciale composée de 12 000 agents issus de la police et de la gendarmerie, chargée d’assurer une couverture impartiale et dissuasive sur l’ensemble du territoire.

Le Cadre Permanent de Concertation (CPC), instance de dialogue politique, a joué un rôle crucial en facilitant l’adoption consensuelle de mesures favorisant l’inclusivité du scrutin. Parmi celles-ci figurent la réduction des frais de caution pour les candidatures – réduits de moitié, et encore davantage pour les femmes –, la prolongation des délais de dépôt des candidatures, la simplification de l’obtention des documents administratifs, ainsi que l’octroi d’une subvention publique aux partis et listes indépendantes.

La HAAC, quant à elle, a mis en place un dispositif assurant un accès équitable aux médias publics et privés pour tous les candidats, garantissant ainsi un traitement équilibré de la parole politique. La campagne électorale s’est déroulée de manière apaisée, reflet d’une classe politique consciente de ses responsabilités.

Le jour du vote, la mission a déployé ses observateurs dans diverses localités du Grand Lomé et de la région Maritime. Dans les 120 bureaux de vote visités, elle a noté un déroulement général calme, ordonné et sécurisé. Le matériel électoral était globalement disponible, malgré quelques retards signalés à l’ouverture de certains bureaux. La participation, bien que modérée en début de journée, s’est intensifiée dans l’après-midi, traduisant une mobilisation croissante des électeurs.

La présence des délégués des listes et des forces de sécurité a été jugée satisfaisante. Les membres des bureaux de vote ont, pour la plupart, fait preuve de professionnalisme, même si des disparités ont été relevées dans la maîtrise des procédures, notamment lors du dépouillement.

À l’issue de son observation, la mission formule plusieurs recommandations :
à la CENI, de renforcer la formation des agents électoraux et d’améliorer la représentation féminine dans les équipes ;
aux partis politiques, d’encourager la participation active des électeurs, de valoriser les candidatures féminines, de privilégier les voies légales pour les recours électoraux, et de maintenir le dialogue dans le règlement des différends ;
à la société civile, de poursuivre les actions d’éducation civique et de sensibilisation, tout en s’impliquant davantage dans l’observation citoyenne du processus électoral.

Parmi les bonnes pratiques à promouvoir à l’échelle de l’espace Entente, la mission met en exergue deux dispositifs majeurs :
la création d’une force de sécurité électorale dédiée à chaque type de scrutin, garantissant une gestion sécuritaire adaptée ; et la consolidation du Cadre Permanent de Concertation, précieux outil de dialogue politique continu et structuré.

La mission d’observation du Conseil de l’Entente estime en outre que les élections municipales togolaises de 2025 se sont déroulées dans un esprit de discipline, de sérénité et de transparence. Le scrutin a été sincère et pacifique, marquant une étape supplémentaire dans la consolidation démocratique et la gouvernance locale au Togo.

Le Conseil de l’Entente salue la responsabilité des électeurs, l’engagement des institutions, et le rôle accru des collectivités territoriales. Il réaffirme, enfin, sa disponibilité à accompagner les États membres dans leurs efforts de renforcement démocratique, de stabilité institutionnelle et de développement inclusif.