Le 29 juillet 2025 à Lomé, un vent de renouveau a soufflé sur les arcanes de l’éducation togolaise. C’est une croisade pédagogique qui s’amorce, orchestrée par la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA), en collaboration avec les ministères de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle. Au menu de cette rencontre d’envergure : une offensive douce mais résolue contre la corruption, enracinée dans les salles de classe, portée par la voix vibrante des médias.
Point de discours convenu ni de posture de façade. Ici, l’école devient le chantier de l’éthique, et la jeunesse, l’argile malléable d’une société nouvelle. Car si la corruption ronge les fondements de la République, l’éducation, elle, en restaure la colonne vertébrale. Loin des bancs d’accusation, c’est sur les bancs d’école que se trament désormais les répliques les plus efficaces à ce fléau tentaculaire.

Kimelabalou Aba, président de la HAPLUCIA, et Isaac Tchiakpé, ministre de l’Enseignement technique et de l’Artisanat, ont lancé un appel fort aux professionnels des médias, les exhortant à jouer pleinement leur rôle de sentinelles de la conscience nationale. « Vous êtes les éclaireurs de la République. Par vos récits, vos micros et vos plumes, vous pouvez faire germer dans l’opinion publique les graines d’une intégrité partagée », a souligné M. Aba, dans un souffle mêlé d’espoir et de détermination.
Ce programme, nourri par l’article 13-c de la Convention des Nations Unies contre la corruption et arrimé à l’axe 2 du plan stratégique 2019-2023 de la HAPLUCIA, ne s’apparente ni à une réforme cosmétique ni à une utopie naïve. Il s’agit d’une refonte en profondeur, d’un ensemencement de valeurs dans le sillon de l’apprentissage. Une véritable alchimie entre savoir et vertu, où l’éthique n’est plus accessoire mais essentielle.
Le ministre Tchiakpé l’a exprimé avec une verve pleine de conviction : « En initiant nos élèves dès le plus jeune âge à l’éthique et à la probité, nous élevons une génération de résistants moraux, de citoyens lucides et lucides à l’épreuve des compromissions. » Dans cette école réinventée, chaque leçon devient un levier, chaque enseignant un artisan du civisme, chaque élève un futur rempart contre les dérives.
Fort d’un budget de 650 426 606 FCFA, le projet s’étalera sur trois années (2025-2028) avec une méthodologie rigoureuse : pré-test, extension, puis généralisation. À terme, c’est tout l’écosystème éducatif togolais qui sera imprégné de cette pédagogie de l’intégrité.
Deux dispositifs pédagogiques ont été judicieusement élaborés : l’approche intégrée pour le primaire et le secondaire – où l’éthique s’infiltrera subtilement dans les disciplines existantes – et la formule modulaire, plus ciblée, pour les établissements supérieurs et les centres de formation professionnelle, à travers des modules spécifiques.
Plusieurs établissements pilotes, véritables éclaireurs de cette croisade éducative, ont été sélectionnés : le lycée de Légbassito, le lycée technique d’Adidogomé, le lycée Kara Sud, le centre régional de formation professionnelle de Kara, l’École nationale d’administration (ENA), les facultés de droit des universités de Lomé et de Kara. Ils seront les premiers laboratoires d’une école nouvelle, où l’éthique devient une matière à part entière, un socle pour l’avenir.
Mais pour que ce souffle ne s’éteigne pas dans les couloirs de l’administration, la HAPLUCIA tend la main aux médias : « Faites de vos caméras des loupes citoyennes, de vos micros des porte-voix de la transparence, et de vos articles des semeurs de conscience. Ensemble, redonnons à la République le visage qu’elle mérite : celui de la droiture », a plaidé Kimelabalou Aba.
Il ne s’agit pas d’un simple projet éducatif, mais d’un véritable pacte générationnel. Une promesse faite à la jeunesse togolaise : celle de lui offrir les outils pour bâtir une nation où la vertu n’est pas l’exception, mais la règle