1ere Edition (FIJ-SA): Lomé mijote l’avenir : La jeunesse africaine met la souveraineté alimentaire à sa table

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La capitale togolaise a dressé la nappe de la réflexion panafricaine. Depuis ce mercredi, Lomé accueille la première édition du Forum International des Jeunes sur la Souveraineté Alimentaire (FIJ-SA), un rendez-vous de haute volée qui place la jeunesse au centre de l’assiette stratégique de l’Afrique.

Portée par l’Organisation pour l’Alimentation et le Développement Local (OADEL), cette rencontre d’envergure, qui se tient jusqu’au 10 août sur l’esplanade de Canal Olympia Godopé, réunit plus de 200 jeunes venus du Togo, du Burkina Faso, du Mali, du Sénégal et d’autres horizons africains, épaulés par des experts internationaux, universitaires, organisations paysannes, ONG et entrepreneurs agricoles.

Quand le grenier africain dépend de clés étrangères

Sous le thème « Femme, agriculture et alimentation », les débats se penchent sur une réalité paradoxale : malgré des décennies d’engagements politiques et d’investissements faramineux, les marchés africains croulent toujours sous les produits importés, ébranlant la production locale et aggravant les crises alimentaires.

« Il y a tellement de milliards qui sont investis dans l’agriculture… et pourtant cette souveraineté alimentaire peine à devenir une réalité », déplore Tata AMETOENYENOU, directeur exécutif de l’OADEL. Une dépendance chronique aux semences importées bride l’autonomie des producteurs et retarde la construction d’un système agricole affranchi des tutelles extérieures.

Le FIJ-SA ne se veut pas un simple colloque, mais un laboratoire d’actions concrètes. Durant cinq jours, les participants plancheront sur des thématiques cardinales :

  • Les politiques agricoles et alimentaires africaines ;
  • La place des femmes et des jeunes dans la conquête de l’autonomie alimentaire ;
  • La souveraineté semencière et la préservation de la biodiversité ;
  • La promotion des produits locaux : défis et opportunités ;
  • Le financement de l’agriculture : entre leviers publics et initiatives privées.

Servir l’Afrique par ses propres mains

En initiant ce forum, l’OADEL veut semer les graines d’une mobilisation collective où chaque citoyen, chaque institution et chaque acteur économique devient artisan de la dignité alimentaire africaine. Le FIJ-SA incarne ainsi la volonté de nourrir l’Afrique avec ses propres ressources, savoirs et saveurs, pour que demain, la souveraineté ne soit plus un slogan, mais un plat servi chaud à toutes les tables du continent.