ÉRITAJ 2026 : Lomé à l’heure des racines et des renaissances culturelles

CULTURE SOCIETE

Du 31 mars au 5 avril 2026, le CETEF Togo 2000 se mue en véritable creuset de la mémoire et de la modernité à l’occasion du festival ÉRITAJ, une célébration vibrante du patrimoine, de la créativité et des dynamiques culturelles contemporaines. Pendant six jours, Lomé devient le carrefour des traditions vivantes et des expressions artistiques audacieuses.
Dès l’aube du festival, le ton est donné avec l’ouverture des stands suivie d’une cérémonie inaugurale solennelle, prélude à une série de panels de haut niveau. La première journée s’articule autour d’une question essentielle : la sécurité sociale des acteurs culturels. Une thématique forte qui met en lumière les mécanismes de protection des créateurs, ces artisans de l’ombre qui façonnent l’identité collective.
Au fil des jours, ÉRITAJ déploie une programmation riche et finement ciselée, où la réflexion côtoie l’expression artistique. Le deuxième jour explore le rôle stratégique de l’artisanat dans le développement territorial, tout en ouvrant une fenêtre sur la mobilité artistique et son rôle dans le rayonnement culturel. Le théâtre s’invite également avec les activités dédiées aux enfants, semant ainsi les graines de la relève.
Le troisième jour, quant à lui, élève le débat autour de la gouvernance culturelle et du rôle fondamental de la chefferie traditionnelle dans la préservation du patrimoine. Entre transmission et transformation, les discussions esquissent les contours d’une culture en mouvement, enracinée mais résolument tournée vers l’avenir.
Le quatrième jour fait dialoguer traditions et créativité contemporaine, tout en abordant des enjeux sociétaux majeurs tels que les droits des voisins et la propriété intellectuelle. Une réflexion profonde sur la protection des œuvres et la valorisation des héritages culturels africains s’y déploie avec pertinence.
À l’approche du dénouement, le cinquième jour pose une question provocatrice et visionnaire : « Structurer ou disparaître : quel avenir pour le secteur culturel ? » Une interpellation directe aux acteurs culturels, invités à repenser leurs modèles dans un monde en perpétuelle mutation.
Enfin, le sixième jour se veut festif et rassembleur, avec des animations et des prestations artistiques qui célèbrent la diversité et la vitalité des expressions culturelles togolaises et africaines.
Au-delà des panels et des échanges intellectuels, ÉRITAJ vibre au rythme des percussions, du perlage, des contes et des spectacles. Chaque soir, la scène s’embrase avec des performances d’artistes, de groupes et de DJ, transformant le site en une agora festive où les sons traditionnels épousent les pulsations urbaines.
ÉRITAJ 2026 n’est pas qu’un festival : c’est une ode au patrimoine, une tribune pour les créateurs et un laboratoire d’idées pour repenser la culture. Entre héritage et projection, il tisse un pont entre hier et demain, rappelant que la culture, loin d’être figée, est une matière vivante, en perpétuelle réinvention.
À Lomé, le rendez-vous est donc pris : célébrer, réfléchir, transmettre… et surtout, faire vibrer l’âme des peuples.