À l’heure où les sociétés modernes, happées par l’urgence du quotidien, laissent parfois leurs mémoires vivantes en lisière du regard collectif, une initiative d’une rare portée humaine est venue rétablir l’équilibre. Dans la commune du Golfe 1, le temps s’est suspendu, le temps d’une journée, pour rendre hommage à celles et ceux dont l’existence constitue une bibliothèque à ciel ouvert.
À l’initiative de l’honorable Myriam Dossou, Unir Golfe 1 a orchestré, le samedi 2 mai 2026, une rencontre aussi chaleureuse que significative, sur le site du complexe sportif de Bè-Anfamé.

Inscrite dans le cadre des festivités marquant le 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Togo, cette activité conviviale a placé sous les projecteurs celles et ceux que l’on oublie trop souvent : les seniors.
Sous le thème évocateur « Célébrons nos seniors », cette journée s’est voulue bien plus qu’une simple commémoration. Elle a été une véritable célébration de la vie, une réhabilitation symbolique de l’âge d’or, où rides riment avec richesses et expérience avec excellence. Dans une atmosphère empreinte de respect et de fraternité, les personnes du troisième âge ont retrouvé, le temps d’une journée, toute la centralité qui leur est due.

La rencontre a été rehaussée par la présence de plusieurs personnalités, notamment les honorables Kayi Lawson, Akuélé Yevona Adanlété Lawson et Rose Kayi Mivedor-Sambiani, ainsi que des maires adjoints de la commune du Golfe 1. Leur participation a témoigné d’une volonté partagée de replacer les aînés au cœur des préoccupations sociales.

Mais au-delà des discours, c’est l’humain qui a parlé. Les échanges, sincères et nourris, ont permis de tisser des liens intergénérationnels et de redonner aux seniors une voix, une place, une présence. Car ici, il ne s’agissait pas seulement de célébrer l’âge, mais de raviver la flamme de l’existence.
Moment fort de la journée, la session de sensibilisation conduite par Djondo Jean Ménard, coach en self-défense 3D et éducateur mental, a su conjuguer pédagogie et inspiration. Avec des mots simples mais porteurs de sens, il a rappelé que vieillir ne signifie pas s’éteindre, mais apprendre à mieux s’habiter. Trois piliers ont structuré son intervention : l’alimentation, les émotions et l’action.
L’alimentation, d’abord, comme socle de la vitalité ; les émotions, ensuite, comme équilibre intérieur à cultiver ; et l’action, enfin, comme moteur d’une existence active. À travers ces axes, les seniors ont été invités à devenir les premiers artisans de leur bien-être : pratiquer une activité physique régulière, maintenir des gestes quotidiens et, surtout, briser les chaînes de l’isolement.
Car, comme il l’a souligné avec justesse, « l’expérience est une richesse qui appelle le partage ». Dans un monde où les liens se distendent, il appartient aussi aux aînés de susciter la rencontre, d’attirer la jeunesse par la profondeur de leur vécu. Le sourire, quant à lui, a été élevé au rang d’exercice : un sport discret, mais puissant, capable d’illuminer les visages et d’alléger les cœurs.

Dans la continuité de cette dynamique, Fiawumo Komla Dzifa, masseur-kinésithérapeute, a apporté un éclairage précieux sur les bienfaits du massage et de l’auto-prise en charge corporelle. À travers des conseils pratiques et des démonstrations accessibles, il a outillé les participants pour mieux comprendre leur corps, soulager les douleurs et préserver leur mobilité.
Des exercices simples, à réaliser au réveil ou en fin de journée, ont été partagés, dans une approche qui redonne aux seniors leur autonomie et leur dignité. Ici encore, le corps n’est pas perçu comme une limite, mais comme un territoire à entretenir, à écouter et à valoriser.

La rencontre s’est achevée dans une ambiance festive et conviviale, mêlant sourires, échanges et moments de joie partagée. Comme une douce revanche sur le temps, cette journée aura prouvé que l’âge n’est pas un crépuscule, mais une aurore prolongée pour qui sait en cultiver la lumière.
En célébrant ses seniors, le Golfe 1 n’a pas seulement honoré des individus : il a exalté une mémoire collective, ravivé un héritage et semé les graines d’une société plus inclusive, où chaque âge trouve sa place et sa voix. Parce qu’au fond, célébrer nos aînés, c’est apprendre à mieux vieillir ensemble.
