1er Mai au Togo : la voix des travailleurs face à l’écho du dialogue social

POLITIQUE SOCIETE

À Lomé, en ce vendredi 1er mai 2026 , la traditionnelle célébration de la Journée internationale de lutte des travailleurs n’a pas seulement rimé avec festivités : elle a surtout résonné comme un puissant plaidoyer en faveur de la dignité professionnelle. Dans une capitale en cadence, où les pas des travailleurs ont martelé les artères comme autant de notes revendicatives, les organisations syndicales ont transformé le défilé en tribune vivante.


Regroupées au sein de la Coordination des centrales syndicales du Togo (CCST) et de la Synergie des travailleurs du Togo (STT), les forces vives du monde du travail ont, à l’issue de cette démonstration d’unité, remis au gouvernement un cahier de doléances dense, reflet des réalités parfois rugueuses du quotidien des travailleurs togolais.


La cérémonie officielle, empreinte de solennité, s’est tenue en présence de plusieurs personnalités de premier plan, parmi lesquelles Stanislas Bamouni Baba, secrétaire général du gouvernement, Kodjo Sévon-Tépé Adedze, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, ainsi que Martine Moni Sankaredja, ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance.


Portant la voix des travailleurs, Senouvo Vissikou, secrétaire général de l’Union nationale des syndicats indépendants du Togo (UNSIT), a tenu à lever toute équivoque : la présentation des doléances n’est ni un rite figé ni un exercice de convenance. Elle est, selon ses mots, « une scène d’expression des vérités sociales », un espace où se disent sans détour les difficultés vécues dans les foyers comme sur les lieux de travail.


Au cœur des revendications, une exigence de mise à niveau : celle de la législation nationale du travail avec les standards internationaux, notamment en matière de droits et libertés fondamentales. À cela s’ajoutent le rétablissement d’un dialogue social franc et fécond, ainsi que la reconnaissance pleine et entière des syndicats comme des acteurs d’utilité publique, dotés de moyens à la hauteur de leurs missions.


Mais au-delà du secteur formel, les regards se sont également tournés vers l’économie informelle, vaste poumon de l’activité nationale, dont les acteurs demeurent trop souvent en marge des dispositifs de protection sociale. « Nos doléances doivent dépasser le stade des promesses pour épouser celui des actions concrètes », a insisté Senouvo Vissikou, appelant à une traduction tangible des engagements.
En écho, le président du Conseil national du patronat du Togo, Coami Sedolo Laurent Tamegnon, a assuré que ces préoccupations n’étaient pas lettre morte. Il a plaidé pour une symphonie sociale où gouvernement, employeurs et travailleurs accordent leurs violons pour bâtir des solutions durables. Parmi les pistes évoquées : le renforcement du dialogue social, l’amélioration progressive des conditions de travail, le soutien à l’entrepreneuriat et la consolidation d’un environnement professionnel respectueux des droits humains.


Prenant la parole au nom du gouvernement, Stanislas Bamouni Baba a, quant à lui, replacé le travail au cœur de l’édifice social. « Le travail n’est pas qu’un levier économique, il est le socle de la dignité humaine, de l’intégration sociale et de la stabilité », a-t-il rappelé, dans une formule où le verbe épouse la valeur.
Réaffirmant la volonté des autorités de promouvoir un cadre professionnel décent, équitable et sécurisé, il a esquissé les contours d’un engagement étatique orienté vers un mieux-être collectif.