
Trois jours durant, Badja aura vécu au rythme de la mémoire, des traditions et de la création. Pour son ultime journée, la première édition de la Rencontre internationale des arts populaires (FEFE 2026) a offert une clôture en apothéose, à la hauteur des ambitions affichées : deux spectacles grandeur nature, suivis d’un grand concert, devant un public des grands jours.

Sur le terrain de Badja, la mobilisation populaire a donné à cette dernière soirée des allures de grande fête culturelle. Aux côtés d’un public venu nombreux, le chef canton de Badja, Togui Akoutsa Komi Avogan VII, président du Conseil des chefs traditionnels de l’Avé, ainsi que plusieurs invités de marque ont pris part à cette célébration qui a fait de la tradition une véritable scène vivante.

La journée avait démarré dès le matin avec les manifestations populaires, avant de céder la place, en soirée, à deux spectacles majeurs. Eustache Kamouna, dit Baaba, a ouvert le bal musical, avant que le Gbadas Concert-Band de l’Académie du concert-party ne présente Humilité sacrée.

Entre musique, théâtre, humour et expressions populaires, le spectacle a offert au public un concentré de créativité, faisant du concert-party un trait d’union entre générations. La soirée s’est ensuite prolongée avec un grand concert urbain réunissant des artistes de la préfecture de l’Avé et d’ailleurs.

Une programmation riche qui a largement tenu ses promesses. Le public, conquis, a répondu par des ovations nourries, confirmant le succès retentissant de cette première édition.


Marcel Djondo : « Ce n’est qu’un commencement »

À l’heure du bilan, Marcel Kodjovi Djondo, directeur de la Compagnie Gakokoé, n’a pas caché sa satisfaction. Pour lui, le rideau qui tombe sur FEFE ne signifie nullement la fin de l’aventure. Bien au contraire, il marque le début d’un projet beaucoup plus ambitieux.



Dans son mot de clôture, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout du partenariat engagé avec Badja et de la vision qui sous-tend le festival.

Au cœur de cette ambition se trouve TOKPE, le « Centre des Étoiles », appelé à devenir un véritable pôle d’excellence consacré à la formation, à la création et à la production artistique. Le projet intégrera également le travail mémoriel, l’implication des communautés et la valorisation du patrimoine ainsi que des savoir-faire contemporains et ancestraux.


Avec conviction, Marcel Kodjovi Djondo a assuré que cette vision se concrétisera, soulignant que lorsqu’il s’engage dans un projet, il entend le mener à son terme.

Il a également adressé ses remerciements aux artistes ayant contribué à cette première édition.

Les premiers jalons d’une grande aventure
Pour le directeur de la Compagnie Gakokoé, cette première édition constitue certes un commencement encore modeste, mais elle pose des jalons essentiels. Il a invité les participants à mesurer, dans les années à venir, la portée historique de leur présence à cette première heure de l’aventure.

« Vous pourrez dire avec fierté que vous étiez là dès la première heure », a-t-il laissé entendre en substance, rendant hommage à tous ceux qui ont contribué à donner vie à cette première édition malgré des moyens encore limités.

Il a également salué le chef canton et la collectivité de Badja pour leur accompagnement, tout en formulant le vœu que cette dynamique se poursuive lors des prochaines échéances, notamment en décembre.

En s’achevant sur une note aussi festive que prometteuse, FEFE 2026 aura réussi son pari : faire sortir les arts populaires de la simple évocation patrimoniale pour les installer au cœur de la création et du vivre-ensemble.

De la parole des conteurs aux rythmes du concert-party, des expressions traditionnelles aux sonorités urbaines, Badja aura démontré, trois jours durant, que la culture sait conjuguer passé, présent et avenir.

Le rideau est tombé sur FEFE 2026, mais l’histoire, elle, ne fait que commencer. À Badja, les étoiles de TOKPE se dessinent déjà à l’horizon : la première édition s’achève, l’ambition, elle, continue de monter en scène.
