La filière soja togolaise ouvre un nouveau chapitre de son développement. La campagne de production 2026-2027 a été officiellement lancée, vendredi 6 novembre à Lomé, autour d’une ambition clairement affichée : accroître les volumes, consolider la transformation locale et faire du soja togolais un produit de référence sur les marchés internationaux. Placée sous le thème « Soja togolais : transformer localement, financer durablement et conquérir les marchés de demain », cette nouvelle campagne entend conjuguer performance agricole, création de valeur et compétitivité.
Portée par le Conseil interprofessionnel de la filière soja (CIFS), cette initiative s’inscrit dans une dynamique de consolidation de la chaîne de valeur. Au-delà de l’accroissement de la production nationale, l’enjeu est de mieux valoriser la matière première sur le territoire, de renforcer les capacités des unités de transformation et de consolider les partenariats entre les différents maillons de la filière.
Dans cette perspective, des périodes d’approvisionnement ont été définies afin de garantir aux transformateurs une disponibilité suffisante en matière première. Pour le soja biologique, la période retenue court du 6 novembre au 5 décembre 2026, tandis que celle du soja conventionnel s’étend du 6 novembre 2026 au 31 janvier 2027. Ce calendrier vise à permettre aux unités industrielles de constituer des stocks conséquents et d’assurer la continuité de leurs activités.
La cérémonie de lancement a également été marquée par la signature d’accords interprofessionnels entre les trois principales organisations de la filière, sous la coordination du CIFS. Il s’agit de la Fédération nationale des coopératives de producteurs de soja (FNCPS), de l’Association togolaise des transformateurs de soja (ATTS) et de l’Association nationale des commerçants et exportateurs de soja (ANCES). Ces engagements formalisent les responsabilités de chaque composante et établissent un cadre contractuel destiné à fluidifier les relations entre producteurs, transformateurs et commerçants-exportateurs.
Prenant la parole, le secrétaire général du ministère chargé de l’Agriculture, Essiomle Komi, a souligné l’impératif de renforcer le positionnement du soja togolais dans un environnement international de plus en plus concurrentiel. Il a notamment insisté sur la qualité du soja biologique national, qui constitue un véritable atout de différenciation.
Beaucoup de pays produisent du soja, mais le monde entier doit savoir que, lorsqu’on recherche du soja biologique de qualité, le Togo est une référence. C’est ce positionnement que nous devons davantage renforcer pour la filière », a-t-il affirmé.
Pour sa part, le président du conseil d’administration du CIFS, Koriko Mounirou, a fixé le cap de cette nouvelle campagne : atteindre une production de 300 000 tonnes de graines de soja. Un objectif qui traduit les ambitions de croissance de la filière, mais suppose également une vigilance accrue sur la qualité et la sécurisation des approvisionnements.
Nous avons donné des consignes fermes afin que le soja acheminé soit de bonne qualité. Des innovations ont également été introduites dans la sécurisation et la disponibilité de la matière première », a-t-il précisé. Il a, en outre, annoncé la prolongation de la période moratoire, afin d’accorder davantage de temps aux unités de transformation pour la constitution de leurs stocks.
À travers cette nouvelle campagne, le défi du soja togolais ne se résume donc plus à produire davantage. Il consiste désormais à transformer mieux, à valoriser localement et à conquérir durablement de nouveaux débouchés. Car, pour cette filière, la véritable richesse ne réside pas seulement dans les tonnes récoltées, mais aussi dans la valeur ajoutée qu’elles peuvent générer au bénéfice de l’économie nationale.