L’ARNAQUE A LA ROMANCE : LE VISAGE DE LA CYBERCRIMINALITÉ EN AFRIQUE

SECURITE SOCIETE

Arnaquer et bien le réussir, est la tâche que s’assignent plusieurs jeunes de
l’Afrique de l’ouest ces dernières années. Que ce soit sur le continent
africain, européen ou américain, ces délinquants dits les « Yahoo boys »
font parler d’eux.
Toujours à la recherche de gains faciles, ils se constituent en groupes bien
structurés pour soutirer de l’argent à ceux ou celles qui à la recherche de leurs
âmes, tombent dans leurs filets. L’un des moyens plus en vogue: La romance.


Par ce moyen, la cybercriminalité a pris des proportions inquiétantes en Afrique
de l’Ouest ces dernières années selon un rapport en 2017, publié par Interpol
France, suite aux plaintes enregistrées.
Basés plus précisément au Nigéria, au Bénin, au Cameroun, en Côte-d’Ivoire et
au Bénin, ces malfaiteurs du net ouvrent des comptes fictifs sur des sites de
rencontre, se faisant passer pour des personnes en quête d’amour, certains vont
jusqu’à cibler leurs victimes et une fois le contact établi, ils s’échangent des
photos et vidéos intimes, objet de chantage pour certains envers leurs victimes si
celles-ci ne s’exécutent pas une fois les menaces de publications desdites photos
et vidéos émises.
Soucieuses et prises de peur voir leurs images montrant leur nudités parcourir le
monde entier, sur les réseaux sociaux, comme celles des victimes qui ont voulu
tenir tête aux « Yahoo boys », les victimes dont parfois des responsables
politiques quelques fois, se prêtent aux exigences de leurs détracteurs avant de
porter plaintes à la police.
Comme il n’existait aucune loi en la matière pour la répression de ce
phénomène, les cybercriminels ont profité de ce vide juridique et également de
l’impuissance des autorités judiciaires en la matière pour bien asseoir leurs
entreprises grandement fructueuses.
Reconnaissons aussi que la Convention de Budapest sur le cyber crime (2001)
qui renforce la coopération policière et judiciaire, a été ratifiée par très peu de
pays africains où sévit ce mal ces dernières années, ce n’est qu’avec l’ampleur
sans cesse grandissante de la cybercriminalité que ces pays se réveillent pour
essayer tant bien que mal de venir à la rescousse de leurs populations.
Ainsi, en 2017 au Bénin, un code du numérique qui punit de un à cinq ans
d’emprisonnement et de 5 à 100 millions de francs CCFA (7 500 à 50 000
euros) d’amende a été voté à l’Assemblée nationale. Le code n’étant pas encore

promulgué par le gouvernement, les délits sont encore jugés en vertu d’une
ancienne loi contre la corruption.
Les autorités togolaises également face aux cris et les déterminations des
populations togolaises sur ce problème des cybercriminels appelés « Gaymans »,
se sont réveillées et en ont interpelés plusieurs de nationalité béninoise, qu’ils
ont extradé l’année dernière vers Bénin.
Malgré les campagnes de sensibilisation lancées pour conscientiser les
populations sur ce phénomène, les gouvernements des États de l’Afrique de
l’Ouest, se doivent plus d’efforts et de rigueur pour éradiquer ce fléau de leur
pays, mais sera-ce une mission impossible, avec les grandes enjambées que fait
la corruption dans les corps judiciaires de ces pays?

TCHACOROM T. KODJO