Le vent de l’histoire souffle à nouveau sur le Togo. Ce 3 mars 2025, dans la capitale togolaise, un pacte a été scellé, une flamme ravivée : les organisations de la société civile (OSC) et les partis politiques de l’opposition ont signé une Charte d’union, érigeant une muraille contre ce qu’ils qualifient de « coup d’État constitutionnel ». Face à la montée en puissance d’un régime qui, tel un sphinx, renaît sans cesse de ses propres artifices juridiques, la résistance s’organise. Ces acteurs ont ainsi décidé d’unir leurs forces pour restaurer la légitimité démocratique. Ce cadre de collaboration demeure accessible à toutes les entités fermement engagées dans le combat, offrant ainsi un espace de concertation et d’action concertée. Dans cette lutte qui s’annonce , les signataires de la charte appellent à une mobilisation nationale, avec un meeting prévu le 23 mars 2025 pour marquer un tournant dans leur combat pour la justice et l’État de droit.
À la table d’honneur, l’on peut identifier des personnalités comme :Zeus Ajavon, Me APEVON, Jean Pierre Fabre, Pr David DOSSEH, Louis Rodolphe ATTIOGBE
« Depuis près d’une année, les turbulences socio-politiques ont pris une tournure inacceptable dans notre pays. Un coup d’État constitutionnel a été opéré par les tenants du régime afin de perpétuer indéfiniment près de six décennies d’accaparement illégitime du pouvoir. En effet, une nouvelle constitution a été adoptée et promulguée, illégalement, en toute violation de la Constitution de la 4eme République que le peuple s’est librement et souverainement donnée en votant oui à 98,11 %, lors du référendum du 27septembre 1992. Il s’agit donc d’un véritable crime contre la nation togolaise, un crime auquel il revient à chaque Togolaise et à chaque Togolais de faire échec, précisément en vertu des dispositions de la Constitution de 1992, qui en son article 150 stipule « En cas de coup d’État, ou de coup de force quelconque, tout membre du Gouvernement ou de l’Assemblée nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux accords de coopération militaire ou de défense existants. Dans ces circonstances, pour tout Togolais, désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs. Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément aux lois de la République. » lit-on dans leur déclaration
Mais aujourd’hui, c’est une tout autre partition qui se joue. Un véritable bras de fer institutionnel s’engage entre un pouvoir déterminé à asseoir son emprise et une opposition qui refuse d’être réduite au silence. Face à cette réalité, les OSC et les partis politiques ont choisi de fédérer leurs forces sous une bannière commune, dans une dynamique de « résistance citoyenne ».

Une Charte pour rallumer la flamme démocratique
La Charte d’union, signée ce jour, repose sur un socle de principes clairs : restaurer la légitimité constitutionnelle, mobiliser le peuple et refuser toute compromission avec la nouvelle Constitution. Loin d’être un simple document protocolaire, elle constitue une véritable feuille de route pour les semaines à venir.
Les signataires, parmi lesquels Novation Internationale, Tournons La Page-Togo, le Front Citoyen Togo Debout ou encore l’ANC et le FDR, appellent à une mobilisation sans précédent. Leur objectif ? Rappeler que la souveraineté nationale ne peut être confisquée et que, comme le stipule l’article 150 de la Constitution de 1992, il est du devoir de chaque Togolais de s’opposer à toute forme de coup de force institutionnel.
Le 23 mars, un tournant décisif ?
L’histoire contemporaine du Togo est jalonnée de mobilisations populaires, certaines ayant laissé une empreinte indélébile dans la mémoire collective. Le meeting prévu le 23 mars prochain s’annonce comme un de ces rendez-vous avec l’histoire. Les organisateurs à travers leur déclaration espèrent que ce rassemblement marquera un tournant, un moment où les Togolais, des campagnes aux villes, du Nord au Sud, se lèveront comme un seul homme pour réclamer le respect de leur volonté. Car, comme le martèlent les instigateurs de cette mobilisation, « un peuple mobilisé est un peuple invincible ».
L’histoire récente a montré que les luttes politiques au Togo sont souvent marquées par l’usure du temps et les divisions internes. Toutefois, une chose est sûre : un nouvel élan est donné. Un cri s’élève.