Du 25 au 27 juin 2025, Genève s’est faite la scène d’un dialogue planétaire en faveur des droits des musiciens. Le 23ᵉ Congrès de la Fédération Internationale des Musiciens (FIM) s’est tenu dans l’enceinte prestigieuse du Centre international de l’Organisation internationale du Travail (OIT), rassemblant des délégués venus du monde entier. Parmi eux, le Togo, représenté par le SARIAC-TOGO, a joué sa partition avec force et nuance grâce à l’engagement de sa Secrétaire Générale, Laurence Montcho.
Selon elle, « participer à ce Congrès a été une expérience d’une richesse inestimable », tant les échanges ont mis en lumière des sujets cruciaux touchant l’avenir des musiciens à l’échelle mondiale. Ce n’était pas un hasard si cette rencontre s’est tenue sous l’égide du BIT, dirigé aujourd’hui par le Togolais Gilbert Houngbo, que Montcho décrit comme « une fierté nationale ». Pour elle, le choix du lieu était en lui-même porteur de sens et de responsabilité.
La FIM : une voix structurée pour les musiciens
La FIM, rappelle-t-elle, est cette fédération internationale qui défend les droits économiques, sociaux et culturels des musiciens à travers le monde, en collaboration avec des institutions internationales comme l’UNESCO, l’OIT, l’OMPI et les organes européens. En initiant des motions, en révisant ses statuts et en formant des alliances internationales, elle se positionne comme un interlocuteur crédible dans la construction d’un cadre juridique et social plus protecteur pour les artistes.
Une reconnaissance attendue pour les musiciens
Les travaux du Congrès ont permis de rappeler une évidence trop souvent négligée : les musiciens ne sont pas de simples artistes, mais une composante essentielle de la main-d’œuvre mondiale. Ils participent aux économies, façonnent les identités culturelles et enrichissent le patrimoine des nations. Il est donc impératif, selon les congressistes, de leur garantir des droits du travail clairs et applicables, allant des salaires décents à la protection sociale, en passant par la sécurité syndicale.
Laurence Montcho indique que « les débats ont permis d’adopter une vingtaine de motions essentielles », touchant à des enjeux aussi variés que l’intelligence artificielle, l’égalité femmes-hommes, la stratégie syndicale ou encore la défense des droits fondamentaux des artistes. Une révision des statuts de la FIM est également intervenue, marquant un pas supplémentaire vers une organisation plus inclusive et réactive.
Le SARIAC-TOGO au cœur des décisions
Le SARIAC-TOGO n’est pas resté en marge de ces décisions. Fort de ses trois voix, le syndicat a pris toute sa part aux plénières comme aux commissions. Montcho se félicite d’avoir, aux côtés du groupe africain, soutenu une motion sur le renforcement des bureaux féminins au sein des syndicats artistiques. Ce texte, soutenu jusqu’en Pologne, a été adopté à l’unanimité, preuve que la solidarité autour des enjeux de genre transcende les frontières.
Autre moment fort de la participation togolaise : l’intervention du SARIAC lors de l’adoption de la motion N°15. Cette dernière invite les États à reconnaître juridiquement les musiciens comme des travailleurs, ouvrant la voie à des contrats équitables, à la sécurité sociale et à la liberté syndicale. Le Togo, a-t-elle rappelé, a connu une avancée importante en 2016 avec l’adoption de la loi portant statut de l’artiste. Ce texte, né d’une volonté politique affirmée du chef de l’État, fut le fruit d’un dialogue direct entre les représentants des artistes – dont Montcho elle-même – et le Président Faure Gnassingbé.
« Cette loi a été adoptée très rapidement après notre rencontre avec le Président », confie-t-elle, citant aux côtés d’elle Basile Adéwussi et Loko Lonlonyo. Cependant, elle regrette que les textes d’application ne soient toujours pas effectifs, empêchant les artistes de jouir pleinement de leurs droits. Pour Laurence Montcho, « cette motion internationale, conjuguée à la Convention 98 de l’OIT, représente un levier puissant pour faire avancer le plaidoyer national ».
Le syndicat compte désormais fédérer les forces vives de la culture – musiciens de renom, jeunes talents, associations professionnelles – pour obtenir enfin l’application pleine et entière de cette loi historique. L’objectif est clair : faire du statut de l’artiste togolais un instrument de dignité, d’émancipation et de justice sociale
Laurence Montcho conclut en saluant l’organisation irréprochable de ce 23ᵉ Congrès, orchestrée par la SMV/USDAM (Suisse), et souligne le rôle efficace de Thomas Dayan, Secrétaire Général adjoint de la FIM. Elle exprime également ses vœux de succès à la nouvelle équipe dirigeante de la FIM, élue à l’issue des travaux.
Le 23ᵉ Congrès de la FIM n’a pas été qu’un simple rendez-vous syndical. Il s’est affirmé comme un véritable forum international de conscience artistique, une tribune pour exiger que les musiciens soient enfin reconnus comme des travailleurs à part entière, dotés de droits, de devoirs, et surtout, de respect.
Grâce à l’engagement rigoureux de Laurence Montcho et du SARIAC-TOGO, le Togo a non seulement marqué sa présence, mais il a fait résonner la voix de toute une nation dans le concert des droits culturels mondiaux.
À Genève, la note a été jouée. À Lomé, il reste à transformer l’écho en actions concrètes.