Coupe Davis/2e journée : Le rêve togolais brisé par les pharaons de la raquette

SPORT

La terre battue de Lomé aura retenu son souffle ce week-end des 13 et 14 septembre 2025. Le Togo, engagé dans le barrage du Groupe I Monde de la Coupe Davis, affrontait l’Égypte, mastodonte du tennis africain. Malgré la fougue de ses jeunes talents et quelques éclairs d’espoir, la sélection togolaise s’est finalement inclinée sur le score de 3 à 1.

La journée dominicale, décisive pour renverser la vapeur, n’aura pas offert le miracle attendu. La paire togolaise composée de Isak Padio et Kodjo Alipoe Tchotchodji a trébuché face à l’expérience du duo égyptien Mohamed Safwat – Amr El Sayed, battu en deux sets secs (3/6 ; 3/6). Un match tendu où la fébrilité des moments cruciaux a coûté cher aux Togolais.

Mais l’honneur national fut sauvé par le jeune Isak Padio, auteur d’un véritable récital face à Akram El Sallaly. Souverain dans l’échange, précis au service, il s’est imposé 6/4 ; 6/2, offrant à son pays sa première et unique victoire du week-end.

Après deux défaites en simple dès la première journée et ce revers en double, le Togo a logiquement plié face à une Égypte mieux armée et plus aguerrie. Première nation africaine au classement Coupe Davis, les Pharaons ont imposé leur loi, laissant aux Éperviers de la raquette un apprentissage grandeur nature.

La lecture lucide de la Fédération

Loin de s’effondrer, le président de la Fédération Togolaise de Tennis, Clément Ahialey, préfère voir dans cette défaite une étape formatrice :

« Nous avons perdu 3 à 1, mais je retiens la joie. Pourquoi ? Parce que ce sont nos jeunes, en formation sur un cycle de quatre ans, qui ont eu l’honneur de défendre les couleurs du Togo. Ils n’ont pas encore l’expérience des grands rendez-vous, mais ils ont donné tout ce qu’ils pouvaient. »

Il reconnaît toutefois deux handicaps majeurs : le manque de compétitions internationales pour ses joueurs, faute de ressources suffisantes, et une sanction réglementaire de l’ITF ayant privé le Togo de deux éléments clés, leurs passeports ne remplissant pas le critère d’ancienneté requis.

Avec cette défaite, le Togo quitte le Groupe I pour redescendre en Groupe III. Une régression que le président Ahialey analyse avec philosophie :

« Nous avons gravi les échelons très vite, du Groupe III au Groupe I. La chute est tout aussi rapide. À nous désormais de bâtir un programme solide, de renforcer la préparation mentale et technique, surtout en double. »

Si le revers est amer, il laisse entrevoir une perspective stimulante : un tennis togolais en plein renouvellement, avec une jeunesse talentueuse qui n’attend qu’encadrement, compétitions et soutien pour éclore. Le duel contre l’Égypte aura été moins une défaite qu’une leçon, moins une fin qu’un nouveau départ.