Alliance sacrée à Dapaong /Rencontre au sommet pour la culture africaine : Monseigneur Guigbile et Momo Le Riche, deux gardiens de la mémoire

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Dapaong a vibré, le lundi 15 septembre dernier, au rythme d’une rencontre singulière où se sont croisés deux univers que tout semble opposer, mais qu’une vision commune a réunis : ABOTCHI Kokou Moïse, dit Momo Le Riche, musicien, pédagogue et chantre des sonorités africaines, et Monseigneur Dominique Banléne GUIGBILE, évêque du diocèse de Dapaong et docteur en anthropologie. Entre notes et homélies, c’est un véritable cantique culturel qui s’est élevé, porté par la conviction que l’Afrique doit préserver et transmettre le trésor de ses valeurs ancestrales.

À la croisée des chemins entre la chaire et la scène, Monseigneur GUIGBILE fait entendre une voix qui pèse dans les débats identitaires. Son discours, empreint de rigueur académique et de sagesse pastorale, converge avec l’engagement artistique de Momo Le Riche : défendre les langues locales et sauvegarder les traditions musicales, véritables archives vivantes de la mémoire collective.

« On ne peut pas être un vrai intellectuel en ignorant ses racines culturelles. Apprendre d’autres cultures sans connaître la sienne, c’est comme bâtir une maison sans fondation », a martelé l’évêque, tel un maçon des âmes rappelant que l’édifice de l’avenir ne saurait s’élever sur du sable mouvant.

Ces paroles trouvent un écho immédiat dans la démarche de Momo Le Riche, dont la musique conjugue authenticité et ouverture, enracinement et modernité, mémoire et innovation. Pour lui comme pour l’évêque, la jeunesse doit être outillée pour transformer son héritage en levier d’avenir, et faire de ses traditions non pas des reliques, mais des ressources vivantes.

Avec une verve teintée de philosophie, Monseigneur GUIGBILE a rappelé une maxime éternelle : « La culture est ce qui reste lorsqu’on a tout oublié. Ce qui demeure, ce n’est pas ce que l’on a appris mais ce qui est inné. » Des mots qui, tels des tambours ancestraux, résonnent dans un monde où la mondialisation tente trop souvent d’étouffer les pulsations locales.

Dans un geste de fraternité spirituelle et intellectuelle, l’évêque a offert à l’artiste des documents précieux, véritables semences de savoir. Comme le dit l’adage : « Chaque livre est une clé qui ouvre un monde nouveau. » Ici, les clés ne déverrouillent pas seulement des bibliothèques, mais les portes d’une renaissance identitaire.

De cette rencontre jaillit une alliance singulière : celle de la foi, de la culture et de l’art musical, esquissant les contours d’un renouveau africain. À Dapaong, la partition est lancée : l’Afrique peut chanter son passé pour mieux orchestrer son avenir.