Le vent du professionnalisme souffle sur l’Afrique musicale. Et c’est à Lomé qu’il a récemment fait escale, porté par Mamby Diomandé, Commissaire général du Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone (SIMA). L’homme, fin connaisseur des dynamiques culturelles du continent, était face aux acteurs togolais du secteur musical ce mercredi 15 octobre 2025 à l’Espace Culturel Miva, pour une rencontre d’échange à la fois instructive et inspirante.
Cette rencontre, initiée par la Fédération Togolaise de Musique (FTM), s’inscrivait dans la dynamique d’ouverture et de collaboration entre les professionnels de la musique du Togo et les promoteurs du SIMA. L’événement a enregistré la présence du président de la FTM, Ariel Dassanou, entouré d’artistes, de producteurs, de managers et d’acteurs culturels venus écouter et débattre des perspectives du secteur.
Prévu les 13 et 14 novembre prochains au Sofitel de Cotonou, le SIMA se présente comme une plateforme unique de réflexion, d’action et de synergie.
« Sans les acteurs culturels, le SIMA n’existe pas », martèle Mamby Diomandé, soulignant le rôle essentiel de ceux qui font battre le cœur de la musique africaine — des artistes aux producteurs, en passant par les managers, les éditeurs, les banquiers, voire les simples mélomanes.
Loin d’être une simple vitrine, le Salon ambitionne de devenir un véritable laboratoire d’idées et un tremplin pour les industries musicales africaines. Son objectif est clair : valoriser, structurer et professionnaliser le secteur.
« Le SIMA participe à renforcer les capacités des acteurs et à accompagner la politique culturelle des États », a-t-il expliqué, convaincu que la musique peut et doit devenir une véritable économie.
De la mélodie à la méthode : repenser les fondations
Si l’Afrique bruisse de talents, elle souffre encore d’un déficit d’infrastructures et de structuration. Mamby Diomandé, lucide et pragmatique, préfère parler d’état des lieux de la musique africaine plutôt que de la culture africaine dans son ensemble.
Les défis sont multiples : propriété intellectuelle, formation, infrastructures, reconnaissance internationale.
Pour lui, « ce n’est qu’en mobilisant les acteurs de ces industries que nous pourrons bâtir une économie musicale solide et durable. »
Et lorsqu’on évoque la responsabilité politique dans le développement du secteur, le commissaire général renverse la perspective :
« Il faut arrêter de mettre toutes nos ambitions dans la main du politique. Que faisons-nous, nous-mêmes, à notre niveau ? Formons-nous, conscientisons-nous, puis plaidons. La transformation commence par la base.
Un appel vibrant à la responsabilité collective, à la prise de conscience et à l’action.
En visite éclair à Lomé, Mamby Diomandé ne prétend pas « apporter » à la musique togolaise, mais ouvrir une passerelle.
« Je viens avec le message d’une plateforme qui pourrait contribuer au rayonnement de la musique togolaise. Des discussions sont entamées avec la Fédération Togolaise de la Musique pour des actions concrètes », confie-t-il, affichant une volonté sincère de collaboration régionale et de mise en réseau des forces vives du continent.
« Faire rayonner et faire financer » : la thématique au cœur du SIMA 2025
Cette année, le Salon s’articulera autour d’un thème évocateur :
« Faire rayonner et faire financer les industries musicales, du potentiel au pôle ».
Une formulation ambitieuse, reflet des défis économiques et structurels du secteur.
Entre création, distribution, édition et droits d’auteur, le SIMA entend repositionner les maillons essentiels de la chaîne musicale, en favorisant un dialogue constructif entre acteurs, médias, institutions financières et bailleurs de fonds.
Bonne nouvelle pour les professionnels et passionnés : la participation au SIMA est entièrement gratuite, afin de permettre au plus grand nombre de bénéficier de ce cadre d’apprentissage, de réseautage et de valorisation.
Avant de clore cet échange riche en perspectives, Mamby Diomandé a lancé un message clair et fédérateur :
« J’invite tous les artistes, producteurs et amoureux de la musique à prendre part au SIMA les 13 et 14 novembre à Cotonou. C’est l’occasion d’échanger, de comprendre les défis et de co-construire l’avenir de notre musique. »
Car au fond, le SIMA n’est pas qu’un salon : c’est une vision en mouvement, une harmonie d’idées et d’ambitions, un chant collectif pour une Afrique musicale souveraine et rayonnante.
Et si le rythme du continent devait s’écrire demain, nul doute qu’il trouverait sa première note aujourd’hui, à travers des initiatives comme celle-ci