Sous le ciel hospitalier de Lomé, la capitale togolaise abrite du 3 au 5 novembre 2025 les travaux de la 25ᵉ session ordinaire du Comité des Experts du Conseil de l’Entente. Trois jours d’intenses délibérations et de réflexions concertées, prélude à la 23ᵉ session du Conseil des ministres annoncée pour le 8 novembre. Ces assises, jugées décisives par les participants, interviennent dans un contexte sous-régional traversé de turbulences, où la montée des périls sécuritaires, les fragilités économiques et les défis sociaux commandent une redéfinition des solidarités régionales.
Représentant le Secrétaire exécutif, M. Idi Ali, Secrétaire exécutif adjoint du Conseil, a dressé un diagnostic lucide et sans fard des défis sécuritaires. Il a rappelé que le Conseil de l’Entente demeure avant tout une communauté de destin et de valeurs partagées. Dans son allocution, il a exprimé une solidarité fraternelle et constante envers les pays particulièrement éprouvés par le terrorisme, notamment le Burkina Faso et le Niger, où la résilience des populations se fait le miroir de leur courage.
« Le Burkina Faso et le Niger continuent de faire face à la menace du terrorisme et à ses lourdes conséquences sur les populations civiles, l’économie et la cohésion sociale », a-t-il déclaré d’un ton empreint de gravité et d’empathie.
Évoquant également le Mali, pays observateur de l’Organisation, en proie à une crise énergétique sévère aggravée par l’instabilité politique, M. Ali a salué la ténacité admirable de ces peuples qui, au cœur de l’adversité, continuent de semer les graines de l’espérance. Le Conseil de l’Entente a, par la même occasion, réaffirmé sa volonté résolue d’accompagner toutes les initiatives régionales œuvrant à la paix, à la stabilité et au développement harmonieux.
Dans son adresse inaugurale, le Président du Comité des Experts, M. Afoh Salifou, a salué la présence des délégations et rendu hommage à M. Idi Ali, dont la direction intérimaire du Secrétariat exécutif a su assurer la continuité et la rigueur institutionnelle.
Il a également tenu à féliciter Mme Salimata Barro, récemment nommée Directrice du Département de la Coopération au Développement, symbole d’une parité croissante et équilibrée au sein de l’Organisation, preuve que l’Entente, désormais, s’accorde aussi au féminin.
Les travaux, denses et stratégiques, se déclinent autour de plusieurs points essentiels :
- L’examen du Rapport annuel de performance 2024 et de la situation au 30 septembre 2025
- L’adoption des comptes de l’exercice 2024 et l’analyse des créances en souffrance
- Les rapports des organes de contrôle (Contrôleur financier, Commissaire aux comptes, Comité d’audit)
- Le Projet annuel de performance 2026
- Les activités des institutions spécialisées, notamment la SGTE (Tour Entente à Abidjan) et le CERFER, dont le Plan stratégique 2025-2029 ambitionne de redessiner la carte de la formation professionnelle régionale
Sans détour, M. Afoh Salifou a mis en lumière la fragilité structurelle des ressources financières du Conseil, frein majeur à l’exécution des programmes prioritaires. Les exercices 2024 et 2025, a-t-il souligné, ont souffert d’un manque persistant de contributions et d’une mobilisation inégale des fonds attendus, limitant ainsi la portée des initiatives entreprises.
Le Président du Comité a alors lancé un appel à la responsabilité collective autour de quatre priorités majeures :
- Renforcer la discipline budgétaire dans le versement des contributions nationales
- Explorer de nouvelles sources de financement à travers des mécanismes novateurs
- Améliorer la gouvernance et la transparence afin de restaurer la confiance des partenaires
- Valoriser la diplomatie institutionnelle pour accroître la visibilité et la crédibilité du Conseil
En somme, il s’agit de redonner à l’Entente les moyens de son ambition et l’ambition de ses moyens.
Au terme de leurs échanges, les experts formuleront des recommandations concrètes et orientées vers l’action, destinées à nourrir les décisions du Conseil des ministres prévu le 8 novembre 2025 à Lomé. Cette session ministérielle se veut une étape charnière, un moment de réaffirmation du rôle du Conseil de l’Entente comme vecteur d’intégration, de stabilité et de solidarité durable.
L’année 2026 marquera la troisième phase d’exécution du Plan stratégique 2024-2028, une période décisive pour consolider les acquis, approfondir la coopération et moderniser la gouvernance régionale.