L’économie informelle, longtemps cantonnée aux marges du droit, a vu s’allumer une lumière nouvelle ce 16 décembre 2025. Au CESAL Tokoin Séminaire, à Lomé, s’est ouvert l’atelier de formation des para-juristes communautaires, une initiative porteuse d’espoir pour des milliers de travailleurs et travailleuses souvent invisibles aux yeux des textes, mais indispensables à la vitalité économique du pays.
Organisée par l’Agence Syndicale Danoise de Coopération (DTDA) en collaboration avec le Comité Technique Intersyndical de l’Économie Informelle du Togo (CTIEI-TOGO), cette formation, qui connaîtra son apothéose le 20 décembre 2025, ambitionne de transformer la connaissance juridique en outil de proximité, et le droit en levier de dignité.
Dans un contexte où l’économie informelle constitue l’ossature silencieuse du tissu productif national, l’initiative apparaît comme une réponse concrète aux réalités du terrain. Accès limité aux droits, insuffisance de protection sociale, méconnaissance des procédures administratives : autant de maux auxquels cet atelier entend apporter des remèdes durables.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, M. Amakoué Atchindé, porte-parole des centrales syndicales du Togo, a rappelé l’urgence d’outiller les acteurs de l’informel afin qu’ils ne soient plus des spectateurs impuissants face aux injustices, mais des sujets de droit pleinement conscients et organisés. Pour lui, la formation des para-juristes marque le début d’un changement structurel : celui d’une économie informelle mieux protégée, mieux comprise et mieux accompagnée.
Pour Mme Angèle Aziabou, Présidente du CTIEI-TOGO, cette formation dépasse le cadre d’un simple atelier. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large : celle de la mise en œuvre concrète de la Recommandation n°204 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), relative à la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle.
Depuis sa création en 2018, le CTIEI-TOGO œuvre inlassablement à la défense des droits des travailleurs du secteur informel. Avec cette formation, l’organisation franchit une étape décisive : faire du droit non plus un labyrinthe inaccessible, mais une boussole communautaire.
Les futurs para-juristes auront pour mission d’être des sentinelles du droit au sein de leurs communautés : écouter, informer, orienter, accompagner. En un mot, rapprocher la loi de ceux qui en sont le plus éloignés.
L’atelier bénéficie de l’appui constant de la DTDA, saluée pour son accompagnement stratégique, tant dans le renforcement institutionnel du CTIEI-TOGO que dans les actions de terrain, notamment lors de la crise sanitaire de la COVID-19. Une coopération exemplaire, où la solidarité internationale se conjugue avec les réalités locales.
Les remerciements ont également été adressés aux centrales syndicales, aux fédérations membres et aux formateurs, véritables artisans de cette transmission de savoirs appelée à produire des effets durables.
Rigoureusement sélectionnés, les participants sont appelés à devenir les premiers maillons d’un réseau solidaire et pérenne de para-juristes communautaires. Leur engagement, leur rigueur et leur sens du devoir seront les clés de la réussite de cette initiative.
Car ici, il ne s’agit pas seulement d’apprendre le droit, mais de le faire vivre, au service de celles et ceux qui bâtissent l’économie au quotidien, souvent sans filet, mais jamais sans courage.
En s’achevant le 20 décembre 2025, cet atelier laissera derrière lui bien plus que des attestations : il posera les fondations d’un dispositif communautaire capable de redonner voix, protection et visibilité aux travailleurs de l’économie informelle.