L’hôtel 2 Février de Lomé s’est mué, le mardi 23 décembre 2025, en véritable laboratoire du futur. À l’occasion de la deuxième journée des Kids Innovation Days, l’intelligence artificielle et la robotique ont quitté les sphères théoriques pour se mettre à la portée des plus jeunes, dans une ambiance où curiosité rime avec créativité.
Placée sous le thème évocateur « Noël de l’intelligence artificielle », cette initiative portée par le Conseil international de l’intelligence artificielle (CONIIA), sous le haut parrainage du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, ambitionne de semer très tôt les graines de l’innovation dans l’esprit des enfants togolais.
Au deuxième jour de l’événement, les ateliers pratiques se sont poursuivis sous l’encadrement rigoureux d’experts et de formateurs du CONIIA. Ici, pas de discours abstraits : les enfants manipulent, construisent, testent et comprennent. L’intelligence artificielle et la robotique se vivent autant qu’elles s’expliquent.
Parmi les participantes, Galley Prisca ne cache pas son enthousiasme. Son témoignage traduit l’impact concret de ces ateliers sur l’apprentissage :
« Aujourd’hui, nous avons abordé plusieurs notions. Dans mon groupe, nous avons travaillé sur la conception d’un ascenseur. Pour le construire, nous avons utilisé des dynamos, des cartons, des contreplaqués, des fils de jonction, des fiches mâles et femelles. Nous avons appris le rôle de l’interrupteur dans l’ouverture et la fermeture du circuit, celui du moteur dans le mouvement des dynamos, et l’importance des connexions. J’ai appris énormément de choses. »
Un apprentissage par l’expérimentation, où chaque composant devient une leçon et chaque montage, une victoire.
Des escaliers mécaniques aux fusées : l’imagination en mouvement
De son côté, Agbomadji Gélase Premier revient sur la diversité des connaissances acquises :
« Depuis hier, nous avons travaillé sur des constructions électroniques. Nous avons découvert le fonctionnement des drones et des fusées, notamment leur mécanisme d’élévation. Aujourd’hui, nous avons conçu un escalator électrique, capable de transporter des personnes vers le haut ou le bas. Pour le réaliser, nous avons utilisé des éléments comme le moteur, les supports, les designs et les structures de charge. »
À travers ces exercices, les enfants apprennent non seulement à assembler des pièces, mais aussi à structurer une pensée logique, essentielle aux métiers de demain.
Le Togo, un vivier de talents en devenir
Pour Nada Ziadi, experte du CONIIA en intelligence artificielle, ces journées sont une révélation :
« Depuis hier, nous avons affaire à des élèves extrêmement curieux et intelligents. Ce que je vois, ce sont de futurs ingénieurs togolais, avides de comprendre l’intelligence artificielle et la robotique. J’ai personnellement formé les enfants à l’utilisation responsable de l’IA, notamment comment éviter des résultats erronés. Leur soif d’apprendre est impressionnante et particulièrement encourageante. »
Un constat qui conforte l’idée que le Togo dispose d’un capital humain prometteur, à condition de lui offrir les bons outils et les bons cadres d’apprentissage.
Autre moment fort de cette deuxième journée : l’atelier consacré au robot suiveur de ligne, animé par le formateur Sid Deguenon. Un exercice à la fois pédagogique et concret, qui illustre parfaitement l’utilité de la robotique dans la vie quotidienne.
« Le robot suiveur de ligne est une voiture équipée de capteurs, capable de suivre une ligne tracée sur une piste. Les enfants imaginent un circuit, nous programmons le robot, puis il suit automatiquement le trajet. »
Au-delà du jeu, l’application industrielle est bien réelle :
« Dans les grandes entreprises, les humains ne peuvent pas se déplacer en permanence d’un point à un autre. On trace alors des pistes dans les entrepôts et les robots transportent des pièces d’un point A à un point B, réduisant la fatigue humaine. »
Pour les enfants, l’intérêt est multiple : apprentissage de la programmation, compréhension des mécanismes de montage, manipulation d’outils techniques.
« Derrière un robot apparemment simple, il y a tout un mécanisme. Les enfants apprennent à programmer, à assembler, à comprendre le fonctionnement global d’un robot », précise le formateur.
Et bonne nouvelle : aucun âge minimum n’est requis. Des élèves du primaire participent activement aux ateliers, preuve que la technologie n’attend pas le nombre des années pour s’exprimer.
Quand Noël éclaire les esprits autant que les cœurs
Avec cette deuxième journée, les Kids Innovation Days confirment leur ambition : faire de l’intelligence artificielle et de la robotique non pas des concepts lointains, mais des outils familiers, accessibles et porteurs d’avenir. À Lomé, en ce mois de décembre, ce sont bien des enfants qui tracent, capteur après capteur, ligne après ligne, les contours du Togo technologique de demain.