Sous les lambris du Palais des Congrès de Lomé, la République a fait ses comptes et le Sénat a tranché. Réuni en séance plénière ce mardi 23 décembre 2025, la deuxième chambre du Parlement a adopté, à la majorité absolue, le projet de loi de finances, exercice 2026, déjà approuvé en première lecture par l’Assemblée nationale.

Un vote qui consacre l’entrée pleine et entière du Sénat dans l’architecture budgétaire nationale, au terme de la troisième séance plénière de la deuxième session ordinaire de l’année.
La séance était placée sous la conduite de Son Excellence Monsieur Barry Moussa Barqué, Président du Sénat, en présence de Monsieur Essowè Georges Barcola, ministre des Finances et du Budget, et de Monsieur Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement et les institutions.

Une constellation institutionnelle réunie autour d’un texte cardinal : le budget de la Nation.
Transmis au Sénat le 10 décembre 2025, le projet de loi de finances pour l’exercice 2026 a été soumis à un examen rigoureux par la commission des finances et du développement économique. À l’issue de ce travail de fond, les sénateurs ont adopté le texte sans modifications substantielles, n’y apportant que des ajustements de forme destinés à renforcer la clarté, la cohérence et l’uniformité rédactionnelle. Le fond, lui, a résisté à l’épreuve du tamis parlementaire.
À travers ce budget, le Sénat relève une volonté gouvernementale clairement assumée : tenir ensemble les équilibres macroéconomiques, la discipline budgétaire et l’ambition d’une croissance à la fois inclusive et durable. Un exercice d’équilibriste où la rigueur ne se fait pas au détriment du social, et où la prévoyance budgétaire se conjugue avec la justice territoriale.
Institution de représentation des collectivités locales, le Sénat a naturellement porté une attention soutenue aux prévisions de dépenses liées à la gouvernance locale. Les sénateurs ont scruté, ligne après ligne, les mécanismes destinés à réduire les disparités régionales, notamment dans des secteurs vitaux tels que l’éducation, la santé, l’agriculture et l’aménagement du territoire. Autant de leviers par lesquels le budget se fait outil de cohésion nationale.
Les présidents des groupes parlementaires — Union pour la République (UNIR), Alliance Progressiste du Renouveau (APR) et Coalition des 5 (C5) — ont salué la qualité des échanges, y voyant la preuve d’une démocratie parlementaire vivante, où le débat éclaire la décision. Ils ont également souligné les efforts consentis par le gouvernement pour renforcer la discipline budgétaire, gage de crédibilité et de confiance.
Prenant la parole, le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, a rappelé la portée politique et institutionnelle de ce vote. En adoptant la loi de finances, le Sénat dote le gouvernement des moyens nécessaires à la mise en œuvre de sa politique budgétaire, dans le respect des exigences de la nouvelle Constitution. Il a, par ailleurs, réaffirmé l’engagement de l’exécutif à intégrer les recommandations issues des travaux sénatoriaux, afin d’en accroître la pertinence et l’efficacité.
De son côté, le Président du Sénat a salué la rigueur, l’assiduité et le sens de l’État dont ont fait preuve les sénateurs tout au long de l’examen du texte. Il a rappelé la portée historique de cette adoption, première participation du Sénat, dans le cadre de la législature en cours, à l’examen et à l’adoption d’une loi de finances. Une première page écrite dans le grand livre budgétaire de la République.
Après cette étape sénatoriale, le projet de loi de finances sera transmis à l’Assemblée nationale pour son adoption définitive.
Pour mémoire, le budget de l’État pour l’exercice 2026 est équilibré en ressources et en charges à hauteur de 2 751 542 015 000 FCFA, enregistrant une hausse notable de 14,8 % par rapport à 2025. Une progression chiffrée qui, au-delà des nombres, traduit une ambition : faire du budget un levier de stabilité, de développement et d’espérance partagée.