Données personnelles : l’IPDCP renforce la sensibilisation face aux défis du digital

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À mesure que le numérique s’impose dans les usages quotidiens, les données personnelles se muent en une monnaie invisible, mais redoutablement convoitée. Consciente des enjeux que soulève cette nouvelle réalité, l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) a rencontré la presse ce lundi 26 janvier 2026 à Lomé, en prélude à la Journée internationale de la protection des données personnelles, célébrée chaque 28 janvier.


Placée sous le thème « Construire une culture de la protection des données personnelles », cette conférence de presse a servi de tribune pour rappeler que la transformation numérique, si elle ouvre des perspectives inédites, expose aussi la vie privée à de nouveaux périls.

Téléphone, santé, finances, identité numérique… Les données à caractère personnel irriguent désormais l’économie moderne. Elles nourrissent les algorithmes, orientent les décisions et façonnent les comportements. Mais mal protégées, elles deviennent une arme à double tranchant.
Face aux professionnels des médias, Awui Talla Hervé, conseiller technique à l’IPDCP, a mis en garde contre les dérives possibles :« Une donnée personnelle entre de mauvaises mains peut servir à frauder, manipuler ou porter atteinte à la dignité humaine. »
Un avertissement clair, qui souligne la nécessité d’une vigilance permanente, tant pour les citoyens que pour les organisations.


Médias et institutions : des sentinelles de la vie privée
La rencontre a mobilisé plusieurs partenaires stratégiques de l’IPDCP, parmi lesquels la HARC, l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy), la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) et la Justice, représentée par le parquet général près la Cour d’appel de Lomé.


Pour le Colonel Bédiani Belei, président de l’IPDCP, cette synergie est indispensable :
« La protection des données personnelles n’est pas l’affaire d’une seule institution. C’est un combat collectif qui exige coordination, pédagogie et responsabilité. »

Les médias, en première ligne de l’information, sont ainsi appelés à devenir des passeurs de conscience numérique, capables d’éclairer l’opinion publique sur les risques et les droits liés aux données personnelles.
Collecter moins pour protéger mieux
Au cœur des échanges, un principe fondamental a été rappelé : la minimisation des données.
Autrement dit, ne collecter que l’essentiel, et rien de plus.
Une donnée ne se justifie que par la finalité qu’elle sert. Ce qui est nécessaire pour une banque ne l’est pas forcément pour une école, un service de police ou une administration d’état civil. Toute collecte abusive ou disproportionnée fragilise la confiance et expose à des atteintes aux libertés individuelles.
Si l’administration publique peut, dans le cadre de ses missions d’intérêt général, exiger certaines informations sans recourir au consentement préalable, les acteurs privés sont, eux, tenus d’obtenir un accord libre, éclairé et explicite des personnes concernées.


Pour donner un prolongement concret à cette journée internationale, l’IPDCP a dévoilé un programme d’activités axé sur la sensibilisation et l’éducation.
Parmi les temps forts annoncés :
Une campagne de distribution de supports pédagogiques dans les établissements universitaires du Grand Lomé ;
un tour médiatique, destiné à vulgariser les notions clés de la protection des données personnelles.
Ces actions ciblent particulièrement la jeunesse, souvent très connectée mais encore peu consciente des risques numériques.


Opérationnelle depuis mars 2025, l’IPDCP revendique déjà un impact tangible, avec plus de 2 500 jeunes sensibilisés à travers le pays. Un premier pas encourageant dans un chantier qui s’annonce long et exigeant.
Pour 2026, l’instance entend renforcer sa position de régulateur crédible, tout en accompagnant les institutions publiques et privées vers une meilleure conformité aux règles de protection des données.


À travers cette initiative, l’IPDCP rappelle une vérité essentielle : les données personnelles ne sont pas de simples chiffres ou fichiers informatiques. Elles racontent des vies, tracent des parcours et engagent des libertés.