Éloquence, rigueur et esprit critique : les candidates de « Mon Avis Scientifique » séduisent le jury à l’UK

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Le campus sud de l’Université de Kara s’est transformé, le 18 mars 2026, en véritable arène de l’intelligence et de l’éloquence à l’occasion de la finale de la deuxième édition du concours universitaire féminin « Mon Avis Scientifique ». Organisée dans le cadre de la Semaine de l’Étudiant, cette joute intellectuelle a réuni dix étudiantes brillantes autour d’une problématique aussi actuelle que stimulante :
« Éducation 2.0 : comment l’intelligence artificielle peut-elle personnaliser l’apprentissage sans déshumaniser nos universités ? »
Entre rigueur scientifique, finesse argumentative et talent oratoire, les candidates ont démontré que la science peut aussi se conjuguer avec élégance et éloquence. Une édition qui confirme l’ascension de ce concours devenu, au fil du temps, un rendez-vous incontournable de la vie académique de l’Université de Kara.
La tenue de cette finale s’inscrit dans une double célébration : la Journée internationale des droits de la femme et le 10ᵉ anniversaire de la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université de Kara. Dans cette atmosphère empreinte de réflexion et de célébration, dix étudiantes issues de diverses facultés se sont affrontées dans une confrontation intellectuelle de haute tenue.
Au-delà de la compétition, cette rencontre a surtout mis en lumière la place croissante de la femme dans les sphères scientifiques et académiques, rappelant que le savoir n’a ni frontière ni genre.
L’intelligence artificielle au cœur du débat
Le thème retenu pour cette édition a placé les candidates face à l’un des grands défis contemporains : l’intégration de l’intelligence artificielle dans les systèmes éducatifs.
Avec une remarquable maîtrise du sujet, les participantes ont démontré que l’IA peut constituer un puissant levier pour personnaliser les parcours d’apprentissage, grâce notamment à l’analyse prédictive et à l’automatisation de certaines tâches pédagogiques. Mais toutes ont insisté sur un point essentiel : la technologie doit rester au service de l’humain et non s’y substituer.
Autrement dit, si l’intelligence artificielle peut assister l’enseignement, elle ne saurait remplacer cette alchimie subtile qui unit l’enseignant et l’étudiant, véritable cœur battant de l’université.

Prenant la parole à cette occasion, la présidente de l’Université de Kara, le Professeur Prénam Houzou-Mouzou, a salué la pertinence du thème, soulignant que l’avenir des universités passe par une intégration réfléchie des outils numériques et par une profonde évolution des modèles pédagogiques.
Elle a rappelé que cette démarche s’inscrit dans la vision de Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, dont l’action publique repose notamment sur le pilier « Transformer ». Une transformation qui ne saurait être uniquement économique ou infrastructurelle, mais qui doit également être scientifique, technologique et cognitive.
Citant les orientations exprimées lors du sommet mondial sur l’intelligence artificielle tenu le 3 avril 2025 à Kigali, elle a rappelé ces mots du Président du Conseil :
« L’Afrique doit faire des choix intelligents pour garantir que l’IA profite à toutes les couches de la population, y compris les zones rurales et les travailleurs informels. »
Pour la présidente de l’Université de Kara, cette vision interpelle la communauté universitaire dans sa responsabilité à former une jeunesse capable non seulement de maîtriser les outils technologiques, mais aussi d’en orienter les usages vers le bien commun.
Une dimension internationale affirmée
La présence de Madame Nada Ziadi, experte tunisienne en intelligence artificielle et présidente du jury, a donné une dimension internationale à l’événement. Représentant le Conseil International de l’Intelligence Artificielle (CONIIA), elle a rappelé l’importance du programme « IA Développement dans les Universités d’Afrique », auquel l’Université de Kara a adhéré en 2025.
Ce partenariat ouvre aux étudiants togolais de nouvelles perspectives académiques, notamment des voyages scientifiques, des bourses de perfectionnement et des collaborations avec des universités d’Asie, d’Europe et d’Amérique.

Les dix candidates ont impressionné par la qualité de leurs interventions, évaluées selon plusieurs critères : la rigueur scientifique, la clarté de l’argumentation, la pertinence de l’analyse et l’art oratoire.
Au terme des délibérations, Mlle Douti Dioktante Bénédicte, étudiante en Master 1 Médecine à la Faculté des Sciences de la Santé, a remporté le premier prix grâce à une prestation remarquable. Elle bénéficie notamment d’un voyage de découverte en Chine, d’un ordinateur, d’un tableau d’honneur, d’une enveloppe financière et de divers gadgets offerts par les partenaires.
La deuxième place est revenue à Mireille Kougnon, également étudiante en Master 1 Médecine, tandis que Agate Amana Catherine, étudiante en Master 1 Recherche Chimie de l’Environnement, a décroché la troisième place.
Le Prix du Public a été attribué à Issifou Herline, étudiante en troisième année de médecine.
Toutes les participantes ont reçu des distinctions honorifiques ainsi que des pagnes wax hollandais, symbole de reconnaissance et de valorisation de leur engagement.
Des partenaires engagés pour l’excellence
La présidente de l’Université a également salué l’engagement des partenaires internationaux, notamment le CONIIA et la société LIKSOFT, dont le soutien contribue à promouvoir l’excellence académique et l’innovation scientifique.
Des tableaux d’honneur ont été remis à leurs représentants, parmi lesquels Nada Ziadi et Germain Pouli, directeur de la communication du CONIIA.

Au-delà de la remise des prix, cette deuxième édition du concours « Mon Avis Scientifique » a démontré la capacité des étudiantes de l’Université de Kara à s’approprier des problématiques complexes et à nourrir une réflexion éclairée sur l’avenir de l’éducation.