1ère veillée de Prière au Foyer des Jeunes d’Amandahomé : la foi en lumière pour dire adieu au pasteur Dr Luc Russel Adjaho

SOCIETE

La disparition du pasteur Dr Luc Russel Adjaho, survenue le jeudi 5 février 2026 à Lomé, dans sa 69ᵉ année, continue de faire vibrer les cœurs au rythme du recueillement. Plus qu’un homme, c’est une voix, une voie et une foi qui s’en sont allées. Mais dans l’épreuve, une certitude demeure : certaines vies, même éteintes, continuent d’éclairer.Dès l’ouverture des obsèques, ce mercredi 15 avril 2026 au Foyer des jeunes d’Amandahomé, l’émotion était à son comble.

Sous le voile de la nuit, une foule dense et recueillie s’est mobilisée, traduisant sans détour l’envergure de celui que beaucoup considèrent déjà comme une figure majeure de la foi chrétienne togolaise. Parents, fidèles, amis et personnalités diverses ont répondu présents, comme pour dire que l’homme n’appartenait plus seulement à sa famille, mais à toute une nation.Prenant la parole au nom de la famille, M. Dieudonné Yaonayo, cousin du défunt et représentant du chef de la famille Adjaho, a livré un témoignage empreint de gravité et de dignité. Derrière ses mots, une douleur contenue, mais aussi une fierté assumée. Il a rappelé, en substance, que le disparu n’était pas un homme ordinaire : son engagement spirituel et l’édifice ecclésial qu’il a patiemment construit ont hissé son nom bien au-delà du cercle familial.

De Lomé jusqu’aux confins de Sécassé, et au-delà des frontières vers le Ghana et le Bénin, l’Église Zio To qu’il a fondée s’est imposée comme une véritable architecture de foi. Une œuvre qui, selon les siens, a non seulement honoré une lignée, mais également donné une résonance nouvelle à tout un terroir. À travers lui, c’est un village qui a trouvé voix, et une communauté qui a trouvé voie.Mais derrière l’hommage, la peine reste vive. La famille, tout comme le village, se dit profondément éprouvée par cette disparition. Car perdre un homme de cette trempe, c’est voir s’effondrer un repère, un pilier, un guide. Pourtant, dans cette nuit de l’âme, la foi demeure la boussole. L’espérance d’un retour auprès du Créateur vient adoucir la douleur, comme une promesse murmurée au creux du chagrin.La mobilisation exceptionnelle observée lors de la première veillée n’a pas manqué de susciter à la fois admiration et inquiétude. Admiration devant l’ampleur de l’héritage humain et spirituel laissé par le défunt ; inquiétude logistique face à l’affluence attendue dans son village natal. Mais même dans cette crainte, une lueur de satisfaction transparaît : celle de voir un nom, une œuvre et un territoire portés aussi haut par la reconnaissance collective.Et parce que les grandes vies appellent de grandes continuités, la question de l’héritage s’impose avec acuité. La famille entend immortaliser le nom du disparu, notamment à travers des symboles durables dans son village. Plus encore, c’est toute une mission qui se voit appelée à perdurer. L’Église Zio To, aujourd’hui ancrée dans plusieurs pays, devra continuer à porter ce flambeau spirituel allumé par son fondateur.

Dans le Grand Lomé, les responsables de la congrégation n’ont d’ailleurs pas tardé à rassurer les fidèles : l’œuvre ne s’éteindra pas. Dans une formule à la fois simple et puissante, l’un des pasteurs a rappelé que « lorsqu’un arbre tombe, un autre pousse ». Une manière de dire que la relève est prête, et que la mission divine, elle, ne connaît ni interruption ni fin.Le programme des obsèques, rendu public le 14 avril, se poursuivra avec une veillée de prière le vendredi 17 avril à Kpélé Goudévé Avého, dans la préfecture de Kpélé. L’inhumation interviendra le samedi 18 avril à 9 heures, suivie d’un culte d’action de grâce le dimanche 19 avril à Kpélé Avého. Autant de moments de communion, de mémoire et de foi pour célébrer une vie consacrée à Dieu et aux hommes.