Evalas 2026 : »Roulè protéger à Kara » : JUCUT fait du casque un symbole de vie

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À Kara, pendant que les jeunes lutteurs s’affrontent dans les arènes des Evala pour célébrer le courage, une autre bataille, plus silencieuse mais tout aussi essentielle, se joue sur les routes : celle de la protection des vies humaines.C’est dans cette dynamique que l’Association Journalistes Unis pour la Promotion de la Culture au Togo (JUCUT), avec l’appui de CCT BATIMAT et de l’UNATROT, a organisé, le jeudi 16 juillet 2026, à la station Shell I de Tomdè, une vaste campagne de sensibilisation assortie d’une remise de casques homologués aux conducteurs de taxis-motos et de tricycles.

Au-delà d’une simple distribution d’équipements de protection, cette action citoyenne traduit une volonté forte : faire de chaque casque porté une victoire sur le risque et de chaque conducteur sensibilisé un ambassadeur de la sécurité routière

Une initiative en parfaite harmonie avec la politique nationale de sécurité routière

Le projet « Rouler protégé à Kara », déployé du 11 au 20 juillet 2026 à l’occasion des festivités Evala, s’inscrit pleinement dans la dynamique engagée par le Gouvernement togolais, qui a rendu obligatoire, depuis le 14 août 2023, le port du casque pour tous les conducteurs et passagers de motocycle.Cette mesure, instaurée pour réduire drastiquement les décès et les traumatismes graves liés aux accidents de la circulation, trouve aujourd’hui un précieux relais auprès des organisations de la société civile.En choisissant d’accompagner cette politique publique par une campagne de proximité, la JUCUT et ses partenaires démontrent que la sensibilisation demeure le meilleur levier pour transformer une obligation réglementaire en un véritable réflexe citoyen.

Chaque année, les Evala font de Kara le cœur battant du pays kabyè.Des milliers de visiteurs convergent vers la ville, les activités économiques connaissent une forte intensification et les taxis-motos deviennent les principaux artisans de cette mobilité exceptionnelle.Mais cette effervescence accroît également les risques d’accidents de la circulation.Dans ce contexte, le projet « Rouler protégé à Kara » apporte une réponse concrète en conciliant valorisation du patrimoine culturel et promotion de la sécurité routière.Le message est simple mais puissant : célébrer la tradition ne doit jamais se faire au détriment de la vie.Une mobilisation collective au service de la vieResponsables administratifs, acteurs de la sécurité routière, représentants des transporteurs, partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs dizaines de conducteurs ont pris part à cette journée placée sous le sceau de la responsabilité citoyenne.Le programme a été rythmé par des séances de sensibilisation interactives, des échanges directs avec les conducteurs, des jeux éducatifs récompensés par divers lots ainsi que la remise de casques homologués.À travers cette première phase, les initiateurs ambitionnent de distribuer gratuitement 1 000 casques et de sensibiliser plus de 5 000 usagers de la route, faisant de Kara un laboratoire de bonnes pratiques avant une extension du projet.

Marcel Atayi : « Préserver la vie, c’est aussi préserver notre patrimoine »

Prenant la parole, Marcel Atayi, président de la JUCUT et promoteur du projet, a exprimé sa profonde gratitude envers les partenaires qui ont rendu cette initiative possible.Il a rappelé que les Evala, symbole de bravoure et de transmission culturelle, offrent également un cadre privilégié pour promouvoir les valeurs de responsabilité et de solidarité.Selon lui, la mission de la JUCUT dépasse désormais la seule promotion de la culture. L’association entend également mettre sa capacité de mobilisation au service des grandes causes citoyennes.Pour Marcel Atayi, le casque n’est pas un simple accessoire imposé par la loi ; il représente un véritable rempart contre les drames qui endeuillent chaque année de nombreuses familles.Le promoteur a indiqué que cette opération constitue la phase pilote d’un vaste programme appelé à être progressivement déployé dans plusieurs localités de la région de Kara, notamment Landa, Lassa, Pya, Yadè, Bohou, Tcharè et Kouméa, avant une extension à l’échelle nationale.Il a enfin lancé un appel aux entreprises, aux institutions publiques et aux partenaires techniques afin qu’ils rejoignent cette dynamique collective pour faire de la sécurité routière une cause nationale.

Les conducteurs invités à devenir les premiers défenseurs de la sécurité

Intervenant au nom des conducteurs de taxis-motos, KPANEGUE Pirenam Ange, coordonnateur préfectoral des transporteurs à deux roues de la Kozah, a salué une initiative porteuse d’espoir.Il a rappelé que le nombre de casques disponibles ne pouvait couvrir l’ensemble des besoins des professionnels de la ville et a exhorté les bénéficiaires à porter quotidiennement les équipements reçus, à les préserver et à devenir des modèles auprès de leurs collègues.Pour lui, la meilleure manière de remercier les partenaires consiste à adopter durablement les comportements responsables promus au cours de cette campagne.

« Aujourd’hui, je comprends que protéger ma vie, c’est protéger toute ma famille »Parmi les bénéficiaires, Abalo, conducteur de taxi-moto, a reconnu que cette campagne avait profondément changé sa perception des risques liés à son métier.Il a confié qu’avant cette rencontre, le casque était souvent considéré comme une simple contrainte administrative. Les explications fournies par les animateurs, appuyées par des témoignages et des illustrations marquantes, lui ont fait prendre conscience que chaque trajet engage non seulement sa propre vie, mais également celle de ses passagers et l’avenir de sa famille.À l’approche des Evala, période traditionnellement marquée par une forte activité, il affirme avoir pris la résolution de conduire avec davantage de prudence, de respecter scrupuleusement les règles de circulation et de veiller systématiquement à la protection de ses clients.« Cette campagne nous redonne de la considération »

Autre bénéficiaire, Kossi, conducteur de taxi-moto depuis plusieurs années, a souligné que l’initiative allait bien au-delà d’une simple remise de casques.Selon lui, cette journée a permis aux conducteurs de se sentir écoutés, respectés et pleinement associés à une réflexion sur la sécurité routière. Il estime que les échanges avec les organisateurs ont renforcé leur sentiment de responsabilité et leur ont rappelé qu’ils constituent des acteurs essentiels de la mobilité urbaine.Il s’est engagé, pour sa part, à sensibiliser ses collègues sur l’importance du port systématique du casque et sur le respect des bonnes pratiques de conduite, convaincu que chaque conducteur peut contribuer à sauver des vies par son comportement quotidien.

À travers « Rouler protégé à Kara », la JUCUT et ses partenaires démontrent qu’une action citoyenne peut trouver toute sa place au cœur des plus grandes célébrations culturelles.Là où les Evala exaltent la force, le courage et le dépassement de soi dans l’arène, cette campagne rappelle qu’il existe un autre courage : celui de respecter les règles qui protègent la vie.

À Kara, le casque n’est plus seulement un équipement de sécurité. Il devient le symbole d’une conscience collective, d’une responsabilité partagée et d’un engagement en faveur d’une mobilité plus sûre.Car si, dans l’arène, le vainqueur soulève le trophée de la victoire, sur la route, la plus belle des récompenses demeure de rentrer sain et sauf auprès des siens.Avec « Rouler protégé à Kara », un message résonne désormais comme une évidence : la plus grande victoire n’est pas de gagner un combat, mais de préserver la vie.