L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de renforcer l’arsenal du Togo face aux conséquences sanitaires des inondations qui ont récemment frappé le Grand Lomé et la région Maritime. L’institution onusienne a remis, vendredi à Lomé, plusieurs lots de kits sanitaires au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique afin de consolider la prise en charge des populations sinistrées et de prévenir d’éventuelles flambées épidémiques.
Les pluies diluviennes enregistrées les 29 et 30 juin 2026 dans le Grand Lomé et la région Maritime n’ont pas seulement laissé derrière elles des routes dégradées et d’importants dégâts matériels. Elles ont également endeuillé plusieurs familles, avec un bilan de cinq décès, tout en exposant les populations affectées à divers risques sanitaires.
C’est dans ce contexte que l’OMS a choisi de joindre l’appui sanitaire à l’effort humanitaire. La cérémonie de remise s’est tenue au siège de l’organisation à Lomé, en présence du secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Kokou Wotobé.
Pour l’OMS, l’enjeu dépasse la simple distribution de médicaments. Il s’agit de couper court aux conséquences sanitaires susceptibles de prolonger le drame bien après le retrait des eaux.
Selon Dr Ouédraogo, Coordonnateur du renforcement du système de santé à l’OMS, les mesures engagées visent notamment à réduire la mortalité et les complications pouvant découler des intempéries.
L’intervention prend ainsi en compte aussi bien les maladies transmissibles que les pathologies susceptibles d’être favorisées par le stress consécutif à une catastrophe.
« C’est d’une part pour soutenir la prise en charge et d’autre part, pour renforcer la prévention », a-t-il expliqué, soulignant que les kits comprennent notamment des médicaments ainsi que des dispositifs destinés à la prise en charge de l’hypertension artérielle.
Le responsable de l’OMS a également attiré l’attention sur les effets parfois moins visibles des catastrophes naturelles. Le stress post-catastrophe peut, selon lui, contribuer à des déséquilibres métaboliques, favoriser certaines complications, notamment liées au diabète, et affecter la santé mentale des personnes sinistrées.
Les lots remis au ministère couvrent plusieurs besoins prioritaires. Ils comprennent notamment des traitements destinés à lutter contre des maladies à potentiel épidémique, dont le choléra et la dengue, particulièrement surveillées dans les contextes d’inondations.
À cette réponse infectieuse s’ajoutent des modules consacrés à la prise en charge de pathologies telles que l’hypertension et le diabète, ainsi qu’aux conséquences psychosociales susceptibles d’accompagner les situations de catastrophe.
Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de traiter les maladies que l’eau peut charrier, mais également celles que le traumatisme peut faire émerger.
À la réception du don, Dr Kokou Wotobé a salué l’accompagnement de l’OMS et son concours au renforcement du dispositif national de préparation et de réponse aux urgences sanitaires.
Les équipements et produits réceptionnés seront orientés vers plusieurs structures stratégiques, notamment la division de la surveillance épidémiologique, le Centre d’opération des urgences de santé publique, ainsi que les directions sanitaires du Grand Lomé et de la région Maritime.
Le ministère entend ainsi veiller à une utilisation rigoureuse et transparente des ressources, afin que l’aide parvienne effectivement aux structures et aux populations qui en ont le plus besoin.
Cette intervention sanitaire s’inscrit dans un dispositif humanitaire plus large. Le gouvernement togolais a lancé, début août, une opération d’assistance en faveur de 26 603 personnes affectées par les inondations dans le Grand Lomé ainsi que dans les préfectures du Bas-Mono, de Yoto, de Vo et de Zio.
Les besoins d’assistance sont évalués à 1,14 milliard de francs CFA.