Le rire s’apprend aussi. À l’occasion de sa 10ᵉ édition, le Festival Le Rire à Lomé ne se contente pas d’aligner spectacles et rendez-vous humoristiques. Il entend également préparer la relève. À travers l’initiative « Les Rigolotes », une résidence de formation dédiée à l’humour et au stand-up réunit, du 28 septembre au 2 octobre 2026, de jeunes talents féminins à Aného.
Pendant cinq jours, de 8h à 18h, les participantes sont plongées dans l’univers exigeant de l’écriture humoristique et de la scène à la Mairie Lacs 1 d’Aného. Une immersion qui doit leur permettre de mieux maîtriser les fondamentaux du stand-up avant le grand passage devant le public.
Écrire une blague ne suffit pas toujours à faire rire. Encore faut-il savoir la construire, la raconter et surtout la porter sur scène. C’est autour de cette réalité que s’articule la formation conduite par Marius Arkangel, gérant de la Conciergerie Artistique Marius Arkangel (CARMA).
Les participantes travaillent leurs textes, expérimentent différentes façons de les interpréter et apprennent à mieux gérer leur présence scénique. Posture, rythme, diction, assurance, interaction avec le public : chaque détail compte.
Pour le formateur, ces cinq jours permettent essentiellement de poser les bases. La véritable progression passera ensuite par la répétition et la scène. Car, en humour comme ailleurs, c’est en forgeant que l’on finit par faire mouche.
L’un des principaux défis reste d’ailleurs la peur de monter sur scène. La résidence entend aider les participantes à dépasser cette appréhension et à prendre progressivement possession de l’espace scénique.
Une réalité que Victoire, participante à la résidence, dit avoir pleinement découverte. À l’issue des séances, elle retient notamment que le métier d’humoriste exige bien davantage que le simple talent de faire rire. L’humour peut également aller au-delà du divertissement. Il peut transmettre un message, provoquer une réflexion et aborder autrement certaines réalités de la société.
Victoire estime toutefois que cinq jours restent relativement courts pour assimiler et expérimenter toutes les notions abordées. Elle plaide ainsi pour des formations plus longues, offrant davantage de temps aux apprenants pour pratiquer et confronter leurs textes au public.
Même constat chez Maximilienne, comédienne de théâtre et de cinéma. Déjà attirée par le stand-up lorsqu’elle était plus jeune, à une époque où cette discipline demeurait encore peu développée au Togo, elle a renoué avec cette passion grâce à la résidence.
La formation lui a notamment permis de mieux comprendre les mécanismes du stand-up et les exigences de la scène : comment se tenir, capter l’attention, maîtriser son texte et maintenir le lien avec le public. Pour elle, ces apprentissages ne se limitent d’ailleurs pas à la scène. La maîtrise de la parole, l’assurance et la capacité à s’exprimer devant un public peuvent également servir dans la vie professionnelle et quotidienne. Pour Maximilienne, l’enjeu sera justement de créer davantage d’occasions permettant aux jeunes talents de monter sur scène.