De l’école au chantier : la compétence prend le chemin de l’emploi
L’Agence Éducation-Développement (AED) et la Société Zhengwei Technique Togo S.A. (SZTT), filiale togolaise de Weihai International Economic & Technical Cooperative Co., Ltd. (WIETC), ont signé ce jeudi 1er octobre une convention de partenariat stratégique de trois ans, renouvelable par tacite reconduction. Un accord qui entend rapprocher davantage la formation professionnelle des réalités de l’entreprise et transformer les grands chantiers en véritables tremplins vers l’emploi.
Former ne saurait se résumer à délivrer un diplôme. Encore faut-il que les compétences acquises trouvent un débouché dans le monde professionnel. C’est précisément l’enjeu de cette convention qui jette un pont entre l’école et l’entreprise, la formation et le chantier, le savoir-faire et l’emploi.
Issu de la dynamique engagée à travers le mémorandum d’entente signé entre le Gouvernement togolais et WIETC, cet accord place les Instituts de Formation en Alternance pour le Développement (IFAD) au cœur de la stratégie d’implantation et de développement du groupe chinois au Togo.
Le rapprochement entre les deux parties s’est concrétisé à la suite d’une visite des responsables de WIETC à l’IFAD-Bâtiment et à l’IFAD-Énergies Renouvelables de Lomé. Ils ont pu y apprécier la qualité des plateaux techniques, l’approche pédagogique fondée sur la pratique ainsi que la préparation des jeunes aux exigences des métiers.
Une découverte qui intervient dans un contexte où WIETC renforce sa présence dans le pays. Le groupe intervient notamment dans la réalisation du futur siège de NSIA Vie et du bâtiment destiné au simulateur de vol d’ASKY.
À ces réalisations s’ajoutent plusieurs projets d’envergure, dont le Terminal 2 de l’Aéroport international Gnassingbé Eyadéma, dont le démarrage est annoncé pour avril 2027, ainsi qu’une centrale solaire photovoltaïque de 50 MWc à Kpinzindè, dans la région de la Kara.
Ces différents chantiers sont appelés à générer des besoins importants en compétences, notamment dans les domaines du bâtiment, de l’électricité, de la conduite de travaux et des énergies renouvelables.
La convention apporte une réponse concrète à ces besoins. En fonction de ses projets et de ses procédures internes, WIETC s’engage à accorder une attention prioritaire aux diplômés des IFAD-Bâtiment et IFAD-Énergies Renouvelables lors de ses recrutements. L’AED assurera, pour sa part, la présélection des profils correspondant aux besoins exprimés.
Le partenariat prévoit également l’accueil des apprenants des deux IFAD en alternance sur les activités et chantiers de WIETC. Une immersion qui permettra aux jeunes de confronter leurs acquis aux exigences du terrain et de consolider leur expérience professionnelle.
Les apprenants ayant satisfait aux évaluations de fin de parcours pourront, en outre, être considérés prioritairement pour un recrutement en qualité de salariés permanents.
L’accord ne se limite toutefois pas au recrutement. Il prévoit un partage d’expertise entre l’entreprise et les IFAD.
Les experts de WIETC pourront intervenir auprès des apprenants et des formateurs à travers des démonstrations techniques et des retours d’expérience. En retour, les ouvriers et personnels techniques de l’entreprise pourront bénéficier de formations continues dispensées au sein des IFAD.
Le partenariat ouvre également la voie à un éventuel appui matériel et social, notamment à travers la mise à disposition d’équipements et de matériels pédagogiques, l’accompagnement d’apprenants en situation de vulnérabilité et l’attribution de bourses d’excellence aux meilleurs profils.
Pour WIETC, le développement des infrastructures ne peut être dissocié de celui des compétences locales. Le Vice-Président du groupe a ainsi insisté sur la nécessité de disposer de professionnels togolais compétents et fiables pour accompagner durablement la réalisation des projets.
Cette approche rejoint la vision portée par le Directeur général de l’AED, Dammipi NOUPOKOU, qui a rappelé la vocation des IFAD : donner aux jeunes Togolais les compétences nécessaires à l’exercice des métiers de leur choix et favoriser leur insertion socioprofessionnelle.
À ce jour, cinq IFAD forment dans une dizaine de filières. La signature de cette convention avec WIETC constitue ainsi une reconnaissance de la pertinence d’un modèle qui entend faire de la formation professionnelle un véritable levier d’insertion.
« Notre responsabilité ne s’arrête pas à la remise d’un diplôme. Nous devons veiller à ce que les compétences acquises permettent effectivement aux jeunes de trouver leur place dans le monde professionnel », a souligné le Directeur général de l’AED.
Derrière cette déclaration se dessine une ambition plus large : faire du partenariat un levier d’insertion, de l’infrastructure un espace d’apprentissage et du jeune formé un acteur à part entière de la transformation économique du pays.
La convention, entrée en vigueur dès sa signature pour une durée de trois ans, porte donc une promesse qui dépasse le cadre administratif. Elle traduit une volonté de rapprocher durablement l’école de l’entreprise, la compétence de l’emploi et la jeunesse des opportunités.
En définitive, il ne s’agit plus seulement de former pour certifier, mais de former pour insérer, qualifier pour employer et investir dans la jeunesse pour construire le Togo.
Car les grands chantiers ne bâtissent pas uniquement des routes, des bâtiments ou des infrastructures. Lorsqu’ils sont connectés à la formation, ils peuvent aussi bâtir des compétences, ouvrir des carrières et donner un visage concret à l’emploi des jeunes.