Togo-Russie : de Lomé à Moscou, le partenariat change de dimension

POLITIQUE

Lomé et Moscou veulent désormais donner corps à leurs ambitions communes. Réunis pendant trois jours dans la capitale togolaise, les experts des deux pays ont posé les jalons d’une coopération appelée à gagner en densité et en portée. La première session de la Commission intergouvernementale Togo-Russie, clôturée jeudi 1er octobre au Palais des Congrès de Lomé, aura ainsi permis de passer du dialogue aux engagements et des intentions aux premières concrétisations.

Deux textes sont venus sceller cette nouvelle dynamique. Le premier, un procès-verbal de coopération stratégique, a été signé par le ministre russe de l’Énergie, Sergueï Tsivilev, et le ministre togolais de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki. Le second, un mémorandum d’entente dans le domaine culturel, a été paraphé par le ministre togolais de la Culture, Isaac Tchiakpé, et la directrice du Centre d’archéologie et de la culture matérielle de l’Académie des sciences de Russie, Natalia Soleveva.Des engagements pour passer à l’actionAu-delà des signatures, l’enjeu était surtout de donner une substance opérationnelle à la coopération entre Lomé et Moscou.

Les échanges ont ainsi permis d’identifier plusieurs domaines prioritaires, avec l’ambition de transformer les convergences diplomatiques en projets concrets.Sur le front économique et commercial, les deux parties entendent dynamiser les échanges, encourager les investissements réciproques et faciliter les opérations commerciales grâce notamment à la modernisation des procédures douanières.

L’objectif est clair : faire circuler davantage les biens, les capitaux et les opportunités entre les deux pays.L’éducation et la formation constituent un autre maillon essentiel de cette nouvelle architecture. Des programmes destinés aux étudiants togolais sont envisagés, de même qu’un renforcement des compétences professionnelles. Car, dans une coopération appelée à durer, le transfert des savoirs demeure aussi stratégique que celui des technologies.Sur le terrain de la technologie et des infrastructures, Moscou entend accompagner le Togo à travers le partage d’expertises, le transfert de compétences et la mise en place d’infrastructures technologiques. Une coopération qui pourrait ainsi contribuer à faire du savoir-faire un véritable levier de transformation.Quand la culture rapproche les peuplesLa culture n’est pas en reste dans ce rapprochement. Le mémorandum conclu entre l’Académie des sciences de Russie et la Commission nationale du patrimoine culturel togolaise ouvre de nouvelles perspectives en matière de valorisation du patrimoine, d’échanges culturels et d’interculturalité.

L’apprentissage des langues figure notamment parmi les pistes envisagées. Une manière, au-delà des accords et des protocoles, de rapprocher les peuples par ce qu’ils ont de plus durable : leur histoire, leur mémoire et leur culture.De 1960 à 2028, une relation qui se projette dans l’avenirCette première session de la Commission intergouvernementale ne constitue pas un point de départ, mais plutôt un nouveau point d’ancrage dans une relation diplomatique qui remonte à 1960. Elle traduit surtout la volonté politique affichée au plus haut niveau de donner un nouvel élan aux relations entre les deux États.Elle s’inscrit notamment dans le prolongement de la rencontre du 19 novembre 2025 au Kremlin entre les présidents Faure Gnassingbé et Vladimir Poutine.Après Lomé, la coopération met désormais le cap sur Moscou. La deuxième session de la Commission intergouvernementale est annoncée pour 2028 en Russie.