Consommer Local : Quand le Togo Coud son Développement avec les Fils de l’Endogène

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« La consommation locale n’est pas qu’un acte d’achat, elle est un acte de foi en notre propre génie, une profession de patriotisme économique », martèle Rose Kayi Mivedor, Ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation Locale. À travers ses mots pesés comme de l’or, l’autorité trace les sillons d’un engagement collectif : faire du « Made in Togo » non pas une option, mais une évidence.

L’occasion était solennelle : le Talk Show de la 6ᵉ édition du Mois du Consommer Local, placé sous le thème évocateur « Compétences et innovations au service de la compétitivité des produits locaux ». Plus qu’un slogan, c’est une ambition nationale qui s’affirme, une vision portée par la volonté politique de bâtir une économie où l’extraverti cède sa place à l’endogène.

Un bilan qui donne du grain à moudre

Depuis 2019, octobre s’est mué en vitrine des savoir-faire nationaux, révélant des dynamiques nouvelles. Les cinq premières éditions ont déjà enfanté de belles promesses : multiplication d’initiatives privées, croissance estimée à 40 % du chiffre d’affaires des entreprises locales, et surtout une amélioration palpable de la qualité des produits « Made in Togo ». Du textile à l’agroalimentaire, en passant par l’artisanat, l’étiquette togolaise s’impose peu à peu comme un label de confiance.

Défis persistants, horizon à conquérir

Pourtant, le chemin reste jalonné de défis : traçabilité, normes, packaging, prix et disponibilité continuent de hanter la compétitivité. À ces obstacles s’ajoute la nécessité de renforcer les compétences des acteurs et de faciliter leur accès aux marchés. Car consommer local ne saurait rimer avec complaisance : il s’agit de séduire le consommateur, ici et ailleurs, par l’excellence.

Un État qui trace la voie

Face à ces enjeux, le Gouvernement déploie une panoplie de mesures : élaboration d’une stratégie nationale, organisation de foires, renforcement des structures de qualité, encouragement du e-commerce, et même l’édition de la Gazette de la Consommation Locale. S’y ajoutent des dispositifs réglementaires, tel l’arrêté interministériel n°31, qui impose aux importateurs de s’approvisionner d’abord localement avant de recourir aux marchés extérieurs. Une manière subtile de protéger la poule togolaise dans un marché mondialisé où l’aigle étranger plane avec insistance.

2025 : l’innovation comme étendard

L’édition de cette année marque un tournant. Pour la première fois, les données douanières servent de boussole afin d’identifier les produits les plus importés et mettre en lumière leurs substituts locaux. Une surprise réjouissante : le Togo regorge déjà de solutions de remplacement. L’enjeu désormais ? Que chaque consommateur choisisse, en toute conscience, le produit togolais sur les étals.

L’appel d’une ministre au patriotisme économique

De Lomé à Cinkassé, Madame la Ministre adresse son message : honorer les producteurs pour leur créativité, remercier les partenaires techniques et financiers pour leur soutien, et saluer les médias pour leur rôle de caisse de résonance. Enfin, à la population, elle rappelle cette vérité simple : consommer local, c’est investir dans notre avenir.

« C’est ensemble, ajoute-t-elle, que nous bâtirons une industrie viable, une économie résiliente, un Togo fort de son identité. Pour notre développement, consommons local. Car la consommation locale n’est pas seulement une habitude : c’est une flamme de patriotisme économique »