La lecture, disait Victor Hugo, « c’est l’alphabet de la liberté ». La 4ᵉ édition du concours national de lecture « Pour l’Amour de la Culture : LISONS » (PAC-LISONS) est venue en offrir la démonstration éclatante. Sous la bannière évocatrice « Un enfant, une identité légale », ce rendez-vous a transformé la passion des lettres en un acte citoyen, élevant la jeunesse togolaise au rang de sentinelle culturelle et d’héritière éclairée.
Dès son lancement, le 1er juillet 2025, PAC-LISONS a ouvert ses pages à Lomé et Aného, théâtres d’une édition aux allures d’épopée éducative. 302 jeunes lecteurs ont répondu à l’appel, chiffre record qui atteste de l’appétit croissant pour le savoir. Fait marquant : les filles, majoritaires, ont rappelé que la lecture est aussi un levier d’émancipation féminine, un passeport vers la confiance et la citoyenneté.
Du 21 au 29 juillet, les candidats ont affûté leurs plumes et aiguisé leurs voix au cours d’une formation intensive, véritable laboratoire où s’enseignaient la lecture expressive, la citoyenneté active, la culture générale et l’art de valoriser ses racines.
De cette pépinière d’apprentis orateurs sont sortis 29 finalistes à Aného et 18 à Lomé, prêts à s’élancer, entre le 31 juillet et le 12 septembre, dans des épreuves aussi variées que stimulantes : lecture expressive, épellation, charades, résumés de textes, culture générale, présentation de son identité et de ses valeurs. Chaque étape fut une page tournée, chaque défi une ligne écrite dans le grand livre de la jeunesse togolaise.
Cette édition a eu pour fil d’or l’œuvre « Atterrissage » de Kangni ALEM, invité d’honneur et parrain littéraire, permettant aux jeunes lecteurs de toucher du doigt l’âme togolaise à travers ses écrivains. Car lire, c’est aussi se relier : aux siens, à son pays, à sa mémoire.
La Salle Afrika du CETEF s’est transformée en cathédrale des lettres pour accueillir plus de 400 spectateurs lors de la grande finale. Dans ce sanctuaire du verbe, huit finalistes dont sept filles se sont affrontés avec élégance et détermination, sous le regard d’un jury exigeant présidé par M. Eugène GUENOU, épaulé par Ousmane TAIROU, Rachida DJIBRIL, Jolly AKPALU et Mme Marie AHAMADAH.
De cette symphonie des mots s’est élevée une voix plus cristalline encore : celle de Mlle BARARMNA-GNALIMBA Ditine Dorelle, 13 ans, élève en classe de 4ᵉ, qui a été couronnée Championne 2025. Derrière elle, Mlle AKLI Afi Estelle s’est hissée à la deuxième place et Mlle LAWSON Latré Conforty, digne représentante d’Aného, a décroché la troisième marche du podium.
Les partenaires ont su transformer la victoire en semence d’avenir. Sept des huit finalistes sont repartis avec un ordinateur portable ACER, fruit du soutien du Ministère des Enseignements Supérieurs et de la Recherche. Quant à la championne, elle a reçu un ordinateur Lenovo, offert par Compassion International Togo, représentée par son Directeur national, le Dr AHONON Koffi Olivier.
La présence du Ministre des Enseignements Supérieurs et de la Recherche, M. Kankan-Malik NATCHABA, aux côtés de nombreux représentants institutionnels, a conféré à l’événement une solennité qui dépasse le simple concours : PAC-LISONS est désormais une cause nationale.
Le promoteur, M. Elias ATAYI, et son équipe de l’association ERFA – Equal Rights For All, ont salué l’enthousiasme suscité par cette édition. Deux ambitions sont toutefois restées à l’état de rêves inachevés :offrir à des enfants sans papiers le sésame d’une identité légale, prolongeant ainsi la lecture dans la vie réelle ;délocaliser la finale à Kara, projet contrarié par des contraintes financières.
PAC-LISONS : une bibliothèque vivante pour demain
En quatre éditions, PAC-LISONS s’impose non seulement comme un concours, mais comme une cité des lettres, un laboratoire de citoyenneté et une fête de l’intelligence. Ici, les livres deviennent des passerelles, les mots des racines, et la jeunesse un flambeau qui éclaire l’avenir.
Là où d’autres voient un simple divertissement, PAC-LISONS érige la lecture en boussole sociale, en levain culturel, en pacte d’avenir. Car au Togo, désormais, lire n’est plus seulement apprendre : c’est s’affirmer, s’enraciner et s’élever.