Transformation économique et sociale : à Djamdè, le gouvernement affine les fondements de la nouvelle stratégie de développement du Togo

POLITIQUE

Réunis depuis le 11 juin 2026 à Djamdè, dans la préfecture de la Kozah, les membres du gouvernement togolais poursuivent, sous la conduite du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, une réflexion stratégique de grande envergure consacrée à la transformation économique et sociale du pays. Après une première journée dédiée aux moteurs de la croissance économique, les travaux ont abordé, ce vendredi 12 juin, deux piliers essentiels de la future stratégie nationale de développement : le renforcement du capital humain et l’amélioration de la performance de l’action publique.

Les orientations examinées lors de cette retraite gouvernementale bénéficient de l’appui des principaux partenaires techniques et financiers du Togo. Parmi eux, la Banque mondiale occupe une place de premier plan pour avoir accompagné le pays dans les différentes phases d’analyse, de diagnostic et de réflexion ayant conduit à l’élaboration de cette nouvelle vision de développement.

Invité à prendre part aux travaux, Ousmane Diagana, Vice-Président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a livré une intervention remarquée mettant en lumière le rôle déterminant du capital humain dans la réussite des transformations économiques. Selon lui, aucune nation n’a pu réaliser une mutation structurelle durable sans investir massivement dans l’éducation, la formation et le développement des compétences.

Le responsable de l’institution financière internationale a souligné l’importance d’une éducation de qualité dès la petite enfance, tout en plaidant pour une réforme profonde de la formation professionnelle afin de mieux répondre aux besoins réels du secteur productif. Il a également salué les avancées enregistrées par le Togo dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment la fiscalité, les zones économiques spéciales, l’énergie, l’agriculture et la gouvernance foncière.

À travers cette contribution, la Banque mondiale a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le Togo dans la mise en œuvre de cette ambitieuse stratégie destinée à favoriser une croissance plus inclusive, durable et créatrice d’opportunités pour l’ensemble des populations.

Le capital humain, socle de la transformation nationale

Les échanges ont permis d’approfondir les réflexions relatives à l’adéquation entre les systèmes de formation et les besoins des secteurs productifs. Les participants ont analysé les mécanismes susceptibles de renforcer les compétences de la main-d’œuvre nationale, tout en favorisant l’accès des jeunes à des emplois décents et productifs.

Les discussions ont notamment mis en évidence les conséquences du décalage persistant entre les offres de formation technique et professionnelle et les besoins réels du marché du travail. Cette inadéquation constitue aujourd’hui un frein à l’employabilité des jeunes, à la compétitivité des entreprises et à la transformation structurelle de l’économie.

Face à ce constat, les membres du gouvernement ont insisté sur la nécessité de renforcer les synergies entre les établissements de formation, les entreprises et les secteurs porteurs de croissance afin de mieux préparer les ressources humaines aux mutations économiques en cours.

Les participants se sont également inspirés d’expériences internationales concluantes, issues de pays ayant réussi leur transformation économique grâce à des investissements soutenus dans l’éducation, l’innovation et le développement des compétences. L’objectif est d’adapter ces modèles aux réalités et aux ambitions du Togo.

Renforcer l’efficacité de l’État pour accélérer les réformes

La seconde phase des travaux a été consacrée au renforcement des capacités stratégiques et opérationnelles de l’administration publique, considéré comme un levier indispensable à la réussite de la transformation économique et sociale du pays.

Les participants ont formulé plusieurs recommandations visant à améliorer la capacité de l’État à concevoir, coordonner et exécuter efficacement les politiques publiques. Les débats ont porté sur les moyens de renforcer la cohérence de l’action gouvernementale, d’améliorer la coordination interministérielle et d’accélérer la mise en œuvre des réformes prioritaires.

Les membres du gouvernement ont également examiné diverses approches innovantes en matière de suivi-évaluation des politiques publiques, inspirées des meilleures pratiques internationales. L’ambition est de garantir une exécution rigoureuse des programmes, tout en renforçant la transparence, la redevabilité et la culture de résultats au sein de l’administration.

Les réflexions ont enfin porté sur les dispositifs institutionnels susceptibles d’améliorer durablement la performance des administrations publiques et de soutenir les réformes structurantes nécessaires au développement économique et social du pays.

Une feuille de route en cours de consolidation

Les travaux se sont achevés par une session de synthèse consacrée à l’examen des principales recommandations issues des différentes discussions. Cette étape a permis aux participants d’identifier les priorités de mise en œuvre ainsi que les actions à engager à court, moyen et long termes.

Les échanges ont notamment souligné l’importance de maintenir une cohérence permanente entre les priorités sectorielles, les mécanismes de financement, les capacités institutionnelles et les objectifs de transformation poursuivis par le gouvernement.

Djamdè, un rendez-vous stratégique pour l’avenir du Togo

Structuré autour de six sessions thématiques réparties sur deux journées, ce séminaire gouvernemental constitue une étape majeure dans la réflexion stratégique engagée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, en vue d’accélérer la transformation du pays et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.

Au-delà des échanges techniques, cette retraite vise à transformer les diagnostics en orientations politiques concrètes, à renforcer l’alignement de l’action gouvernementale autour d’une vision commune du développement et à définir les modalités opérationnelles d’une mise en œuvre cohérente et durable des réformes.

L’ambition affichée est considérable : doubler le niveau de vie moyen des Togolais à l’horizon 2040, accélérer le développement territorial à travers les chaînes de valeur agro-industrielles et logistiques, renforcer l’attractivité du pays pour les investissements, développer le capital humain et consolider les capacités stratégiques de l’État.

À Djamdè, le gouvernement pose ainsi les jalons d’une nouvelle trajectoire de développement, fondée sur la performance, l’innovation, l’inclusion sociale et la création durable de richesses au bénéfice de tous les Togolais.