Togo–Europe : Quand les arts s’embrassent et bâtissent des ponts — Le Cluster Togo ouvre les frontières de l’imaginaire

CULTURE

Le Togo, terre d’hospitalité et de brassage culturel, a vu s’élever le jeudi 21 novembre un souffle nouveau : le lancement officiel du programme « Africa-Europe Partnerships for Culture – West Africa », une initiative d’envergure destinée à reconfigurer les échanges artistiques entre l’Afrique et l’Europe. Dévoilée pour la première fois à Ouagadougou en juillet dernier, cette démarche s’inscrit au cœur d’une vision qui entend faire de la culture un pont lumineux entre deux continents.

Soutenue par un financement significatif de l’Union européenne, cette initiative couvre quinze pays d’Afrique de l’Ouest, avec une architecture structurée en clusters. Le Cluster Togo, partagé entre le Togo et le Bénin, devient ainsi une plateforme stratégique vouée à dynamiser les festivals, encourager la mobilité artistique et renforcer les liens entre les créateurs du Sud et leurs homologues européens.

Au fil de la cérémonie, les voix se sont accordées comme les instruments d’une même symphonie.

Kpayé Koffi Bakayota, représentant le ministère togolais en charge de la Culture, a ouvert le bal en rappelant les ambitions du gouvernement : faire émerger des résultats tangibles, notamment en matière de formation des artistes, d’accompagnement des promoteurs et de mise en réseau des acteurs culturels au-delà des frontières. Pour lui, la culture n’est pas seulement un héritage : elle est une boussole, un outil de diplomatie, un moteur d’avenir.

Le Directeur général du Goethe-Institut, Edem Attiogbé, a quant à lui salué cette rencontre entre les cultures comme une preuve éclatante du rapprochement des peuples. Tout en rappelant que l’appel à projets récemment clos ouvre une nouvelle page de créativité, il a insisté sur la nécessité de renforcer les partenariats entre les plateformes, festivals et organisations qui façonnent le paysage culturel contemporain.

L’ambassadeur de l’Union européenne au Togo, Gwilym Jones, a souligné avec sensibilité que la culture demeure le miroir des identités, un espace où les valeurs se croisent pour engendrer une diversité féconde. En soutenant les professionnels du secteur, l’Union européenne affirme son engagement envers la mobilité des artistes, la consolidation de réseaux transnationaux et l’approfondissement du dialogue interculturel, indispensable dans un monde en perpétuelle mutation.

Sur le plan opérationnel, les chiffres révèlent la profondeur de l’ambition :
250 organisateurs de festivals seront formés pour atteindre des standards internationaux ;
450 artistes seront accompagnés dans le développement de carrières sans frontières ;
48 festivals seront intégrés dans des réseaux nationaux et internationaux.

Le coordinateur du Cluster Togo, Nicolas-Étienne Sohou N’Gani, a détaillé les cinq Work Packages, véritables pierres angulaires du programme.
Le premier valorise les festivals dédiés au cinéma, à l’animation, à la musique, à la littérature, aux arts vivants, aux arts visuels et au patrimoine.
Le second met en lumière les festivals jeunes, encourageant la coopération Sud–Sud et leur déploiement sur la scène internationale.
Les troisième et quatrième volets misent sur le renforcement linguistique, notamment en anglais jusqu’au niveau B1, afin de faciliter les échanges et les collaborations.
Enfin, le cinquième volet propose une bourse de mobilité, enrichie d’un mentorat sur mesure pour les managers et artistes de la région.

Doté d’un budget global de 30 millions d’euros, dont 10 millions réservés à l’Afrique de l’Ouest, ce programme est mis en œuvre par un consortium composé du Goethe-Institut, d’Expertise France, de l’Institut français, de l’UNESCO et d’EUNIC Global.
Il a pour ambition ultime de faire de chaque festival un carrefour d’idées, de chaque artiste un messager, et de chaque partenariat un pont d’harmonies nouvelles entre l’Afrique et l’Europe.

Ainsi, le Togo, désormais chef d’orchestre de ce Cluster culturel, accorde les imaginaires, éveille les sensibilités et fait résonner une symphonie de créativité où les arts ne se contentent plus de raconter le monde : ils le reconfigurent, l’embellissent, et surtout, ils le relient.