Togo /JSPST 2026 :Les 1ères Journées du secteur privé de la santé officiellement lancées : vers une souveraineté sanitaire assumée

SANTE SECURITE SOCIETE

Sous les lambris d’un lieu empreint de mémoire, où s’écrivirent jadis les premières pages de l’indépendance togolaise, Lomé a renoué, ce jeudi 16 avril 2026, avec l’histoire en marche à l’hotel Lèbènè . Cette fois, ce n’est plus la souveraineté politique qui est en débat, mais bien celle, tout aussi cruciale, de la santé. Les premières Journées du Secteur Privé de la Santé au Togo (JSPS) y ont ouvert leurs portes, réunissant décideurs publics, praticiens, investisseurs et acteurs de terrain autour d’un objectif commun : repenser, ensemble, les fondations de l’Assurance Maladie Universelle (AMU).

Plus qu’un simple rendez-vous professionnel, cette rencontre se présente comme une consultation nationale à ciel ouvert. Le choix du cadre, hautement symbolique à l’approche du 27 avril, n’est pas anodin : il traduit une volonté assumée de lier héritage et projection, mémoire et modernité. Ici, la santé n’est plus perçue comme une charge budgétaire, mais comme un levier stratégique de développement.

Dr kpeto


Portée par la Plateforme du Secteur Privé de la Santé (PSPS-Togo), l’initiative entend repositionner le privé non plus en périphérie, mais au cœur du dispositif sanitaire national.

Prenant la parole avec gravité et conviction, le président de la PSPS-Togo, le Dr Kpéto Innocent, a dressé un tableau lucide du paysage sanitaire. Il a rappelé, chiffres à l’appui, le poids déterminant du privé dans l’offre de soins et la distribution des produits de santé au Togo. Mais au-delà de cette prépondérance, son intervention a surtout insisté sur l’impérieuse nécessité d’assainir le secteur.
Dans une rhétorique à la fois ferme et rassembleuse, il a plaidé pour une meilleure régulation, afin de garantir qualité, éthique et équité dans l’accès aux soins. Pour lui, l’enjeu dépasse la simple performance : il s’agit de bâtir un système crédible, capable d’inspirer confiance et d’attirer des investissements structurants. Son ambition est claire : faire de Lomé un pôle d’excellence en matière d’assurance santé en Afrique de l’Ouest.
L’État en chef d’orchestre d’une dynamique collective
Représentant l’État, le ministre en charge de la Santé, Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi, a salué l’engagement du secteur privé, qu’il considère désormais comme un partenaire incontournable. Dans une allocution empreinte de réalisme, il a rappelé que l’Assurance Maladie Universelle constitue une exigence sociale majeure, dont la réussite dépendra de la capacité des différents acteurs à conjuguer leurs efforts.
Refusant toute approche cloisonnée, il a appelé à une mobilisation collective, où compétences publiques et innovations privées se complètent harmonieusement. Pour le ministre, ces journées doivent dépasser le cadre protocolaire pour déboucher sur des actions concrètes, mesurables et durables. L’objectif ultime reste inchangé : garantir à chaque citoyen un accès équitable à des soins de qualité, indépendamment de sa condition sociale.

Au fil des échanges, une conviction s’est imposée avec force : la nécessité pour le Togo de renforcer son autonomie en matière de santé. Les leçons tirées de la pandémie de Covid-19 ont ravivé les débats sur la dépendance aux importations, notamment en produits pharmaceutiques et équipements médicaux.
Les participants ont ainsi souligné l’urgence de développer une industrie locale de santé, capable de répondre aux besoins nationaux tout en stimulant l’économie. Innovation, proximité et résilience apparaissent désormais comme les piliers d’un système sanitaire renouvelé.

Dans cet élan de reconnaissance et de transmission, la cérémonie d’ouverture a également été marquée par un moment empreint d’émotion et de solennité. Quelques figures emblématiques du secteur de la santé, ayant consacré leur vie au service du bien-être des populations, ont été honorées. Médecins, pharmaciens, chirurgiens et pionniers de divers corps de métier ont ainsi reçu des distinctions symboliques, en hommage à leur engagement et à leur contribution inestimable à l’édification du système sanitaire togolais.Un geste fort, qui inscrit ces journées non seulement dans une dynamique de réforme, mais aussi dans une tradition de mémoire et de gratitude, rappelant que toute avancée durable s’enracine dans l’héritage de celles et ceux qui ont tracé la voie.


Une feuille de route attendue au terme des assises
Les travaux, qui se poursuivent jusqu’au 17 avril, s’articulent autour de thématiques majeures telles que le financement de l’AMU, la gouvernance des données sanitaires ou encore les mécanismes de redevabilité. Autant de chantiers stratégiques appelés à façonner l’avenir du système de santé togolais.

Si ces journées ont débuté dans le recueillement et l’espoir, elles devraient s’achever sur des engagements concrets, traduits en recommandations opérationnelles. Car au Togo, la santé ne se décrète plus : elle se construit, patiemment, à la croisée des volontés publiques et des initiatives privées.
En somme, ces premières JSPS marquent peut-être l’avènement d’une nouvelle ère, où la santé, loin d’être une simple prescription institutionnelle, devient une œuvre collective, portée par une ambition commune : celle d’un Togo en meilleure santé, pour un avenir plus souverain.

Photo de famille