À l’occasion des obsèques du pasteur Dr Luc Russel Adjaho, la corporation des huissiers de justice du Togo a également tenu à saluer la mémoire de l’un des siens.
Prenant la parole, Me Luc Sowa, président de la Chambre nationale des huissiers de justice du Togo, a rendu un hommage empreint d’émotion à celui qu’il décrit comme un homme singulier, resté fidèle à sa profession jusqu’à son dernier souffle.
« Beaucoup de personnes ignorent que Dr Luc Russel Adjaho est demeuré huissier de justice jusqu’à son dernier souffle. Il était toujours inscrit sur la liste des huissiers en exercice. Il continuait à exercer, à établir des mandements et des citations, notamment pour le compte de l’État. Il n’a jamais véritablement cessé de travailler, même si, naturellement, l’ardeur n’était plus la même qu’autrefois », a-t-il confié.
Pour Me Luc Sowa, le défunt occupait une place particulière au sein de la corporation.
« C’était un confrère atypique, un homme unique en son genre. Il savait allier la rigueur professionnelle à une forme de drôlerie naturelle. Il pouvait dire les choses les plus sérieuses avec beaucoup d’humour, et cela passait toujours avec élégance. »
Selon le président de la Chambre, malgré ses soucis de santé, Dr Adjaho restait profondément attaché à sa profession et à ses confrères.
« Il répondait toujours présent. Il assistait aux assemblées générales de la corporation. Même lors des élections internes à la Chambre, il était là. Il ne refusait jamais une sollicitation. Lorsqu’un confrère avait besoin de lui, il répondait toujours avec disponibilité. »
Au sein de la profession, le disparu était affectueusement surnommé « le petit colonel », en raison de sa personnalité marquante et de sa proximité avec ses pairs.
« Il passait souvent à la Chambre, même simplement pour saluer. Sa présence créait toujours une ambiance particulière. Il apportait de la bonne humeur, mais aussi des conseils précieux. Il savait entretenir un esprit de fraternité et de solidarité entre les confrères. »
Me Luc Sowa est également revenu sur le moment où il a appris la disparition de son confrère.
« Je me souviens encore. Le 5 février, alors que je revenais de Paris, j’ai reçu dans l’avion un message m’annonçant que Adjaho n’était plus. Ce fut un choc. Dès mon retour, je me suis rendu auprès de la famille pour leur témoigner notre soutien et voir ce que la corporation pouvait faire. »
Au-delà de l’homme de foi connu du grand public, Me Luc Sowa a tenu à rappeler l’homme de droit que représentait le défunt.
« Si je prends comme baromètre la mobilisation de mes confrères, je peux affirmer que la profession a perdu un homme profondément respecté. En six années à la tête de la Chambre, je n’ai jamais entendu la moindre plainte contre lui. Il était en phase avec tous. Il ne laissait derrière lui ni conflit ni animosité. »
Pour lui, cette disparition dépasse le seul cadre de la corporation.
« Aujourd’hui, ce n’est pas seulement la famille ou l’Église Zio To qui perdent un homme précieux. C’est également toute la corporation des huissiers de justice du Togo qui perd une figure charismatique, un homme conciliant, capable de mêler rigueur, humour et humanité pour atteindre un objectif commun. »
Dans un dernier mot, le président de la Chambre résume l’héritage laissé par son confrère :
« Nous garderons de lui le souvenir d’un homme de paix, d’un homme de dialogue, d’un confrère loyal, dont la présence marquait les esprits. Sa disparition laisse un vide réel dans notre corporation. »
Par ces mots, la corporation des huissiers de justice du Togo a tenu à rappeler que derrière le guide spirituel admiré se trouvait également un professionnel respecté, dont la mémoire restera vivante dans le monde judiciaire togolais.
Selon les informations communiquées, les cérémonies funèbres ont débuté le mercredi 15 avril 2026 à 18 heures, avec une première veillée organisée à Lomé, au Foyer des jeunes d’Amandahomé, par les fidèles de son Église Zio To. Ce moment de recueillement a permis aux proches, aux fidèles et aux sympathisants de lui rendre un premier hommage, dans une atmosphère empreinte d’émotion et de ferveur.
La suite des cérémonies est prévue dans sa terre natale. Une deuxième veillée de prière se tiendra le vendredi 17 avril 2026 à 20 heures à Kpélé Goudévé Avého, dans la préfecture de Kpélé, non loin de Kpalimé. Parents, amis et fidèles s’y retrouveront dans un esprit de méditation, de foi et de communion.
L’inhumation interviendra le samedi 18 avril 2026 à 9 heures, toujours à Kpélé Goudévé Avého. Elle sera suivie, le dimanche 19 avril 2026 à 9 heures, d’un culte d’action de grâce à Kpélé Avého, en guise d’ultime hommage pour célébrer la vie et l’œuvre de cet homme de Dieu.