Mpoti, la nouvelle capitale du cacao d’excellence : le Togo torréfie ses ambitions et affine son avenir

ECONOMIE SOCIETE

Au cœur des paysages verdoyants de Mpoti, dans la préfecture de Blitta, une nouvelle page s’écrit pour la filière cacao togolaise. Ce mercredi 3 juin 2026, l’inauguration du Centre d’Excellence de traitement post-récolte marque bien plus que la mise en service d’une infrastructure agricole : elle symbolise l’émergence d’une vision ambitieuse où qualité, innovation et valorisation des terroirs deviennent les maîtres-mots du développement de la filière.


Dans cette localité désormais appelée à jouer un rôle stratégique dans l’avenir du cacao togolais, les fèves ne seront plus simplement récoltées et commercialisées. Elles seront façonnées, sublimées et préparées pour conquérir les palais les plus exigeants à travers le monde.
Cette réalisation témoigne également de la confiance grandissante qu’inspire le cacao togolais auprès des professionnels internationaux. Des chocolatiers et pâtissiers français de renom, habitués à sélectionner les meilleures origines pour leurs créations d’exception, voient dans les terroirs du Togo un potentiel remarquable dont les richesses restent encore largement à révéler.

Dans un environnement international marqué par l’instabilité des cours du cacao et les fluctuations souvent imprévisibles des marchés mondiaux, l’initiative portée par le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC) apparaît comme une réponse concrète aux préoccupations récurrentes des producteurs : la sécurisation de leurs revenus et la valorisation de leur travail.

Le mécanisme adopté repose sur un principe à la fois simple et innovant. Le cacao issu de cette filière d’excellence bénéficie désormais d’un prix minimum garanti fixé à 1 400 francs CFA le kilogramme. Cette disposition protège les producteurs contre les baisses conjoncturelles du marché tout en leur permettant de tirer profit des hausses lorsque les conditions commerciales deviennent favorables.

Comme l’explique Enselme Gouthon, secrétaire général du CCFCC, ce système rompt avec la précarité qui a longtemps caractérisé la commercialisation du cacao : le producteur dispose désormais d’une garantie de revenu durable, indépendante des soubresauts du marché international.

Pour le CCFCC, cette initiative dépasse largement le cadre d’un simple programme agricole. Elle s’inscrit dans une vision stratégique visant à positionner durablement le Togo parmi les grandes références africaines de la production de cacao et de café de haute qualité.

Une telle approche ouvre de nouvelles perspectives aux exploitants agricoles. Grâce à une meilleure visibilité économique, ils peuvent envisager sereinement l’avenir, investir dans leurs plantations, améliorer leurs rendements et renforcer durablement les conditions de vie de leurs familles.

Pour Thierry Lalet, président de la Confédération des Chocolatiers et Confiseurs de France, cette stabilité constitue l’un des fondements essentiels de la réussite du projet. Selon lui, la régularité des revenus permet au producteur de se concentrer pleinement sur l’amélioration de sa production, sans subir les incertitudes liées aux variations incessantes des prix mondiaux.

L’excellence comme exigence : de la cabosse au chocolat d’exception

Cette garantie économique s’accompagne toutefois d’une exigence fondamentale : produire un cacao répondant aux standards les plus élevés du marché international.

Dans l’univers du chocolat haut de gamme, la qualité se construit bien avant la transformation finale. Elle prend naissance dès les opérations post-récolte, où chaque étape joue un rôle déterminant dans la révélation des qualités organoleptiques du produit. L’écabossage, la fermentation, le séchage et le stockage constituent autant d’étapes décisives qui influencent directement les arômes, la finesse et la valeur marchande des fèves.

Conscients de cet enjeu stratégique, les responsables du projet ont engagé un vaste programme de formation au profit des premiers producteurs partenaires. Ces derniers ont bénéficié d’un accompagnement technique intensif leur permettant d’acquérir les méthodes et les pratiques qui font aujourd’hui la réputation des plus grands terroirs cacaoyers à travers le monde.

L’objectif est de bâtir une filière moderne fondée sur l’excellence, la traçabilité, la transformation locale et la juste rémunération des producteurs. Une filière capable de conquérir les marchés spécialisés où la qualité, l’authenticité et la durabilité constituent désormais des critères déterminants.