Face à la cybercriminalité, l’ANCy renforce le bouclier numérique des professionnels des médias

SECURITE SOCIETE

À l’ère de la transformation numérique, où l’information circule à la vitesse d’un clic et où les cyberattaques gagnent en sophistication, la protection des données et des outils de travail s’impose désormais comme une exigence majeure pour les professionnels des médias. Consciente de cet enjeu, l’Agence Nationale de la Cybersécurité (ANCy) a réuni à Kpalimé une trentaine de journalistes venus de différents organes de presse du Togo pour une session de formation dédiée à la cybersécurité et à l’hygiène numérique.

Organisé sur trois jours, l’atelier a permis aux participants de se familiariser avec les mécanismes de prévention et de protection contre les menaces qui ciblent de plus en plus les utilisateurs du numérique. À travers des exercices pratiques et des démonstrations concrètes, les journalistes ont acquis des compétences essentielles pour mieux sécuriser leurs équipements, protéger leurs données sensibles et renforcer la fiabilité de leurs plateformes numériques.

La cérémonie de clôture, tenue le 21 mai 2026, a été marquée par l’intervention du directeur général de l’ANCy, le colonel Gbota Gwaliba. Face aux participants, il a rappelé que la cybercriminalité constitue aujourd’hui l’un des défis les plus préoccupants pour les États, les entreprises, les organisations et les citoyens.

Selon lui, la méconnaissance des risques numériques demeure l’un des principaux facteurs favorisant la prolifération des actes cybercriminels. Il a souligné que les pertes occasionnées par ces attaques sont souvent considérables, même si de nombreux incidents restent encore insuffisamment déclarés auprès des autorités compétentes.

Dans son analyse, les médias figurent parmi les secteurs particulièrement exposés. Entre la gestion des contenus numériques, la conservation des archives, la protection des sources d’information et l’utilisation quotidienne d’outils connectés, les professionnels de la presse doivent faire preuve d’une vigilance permanente afin d’éviter toute compromission de leurs systèmes.

Au-delà du renforcement des capacités techniques, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire des journalistes des acteurs clés de la sensibilisation nationale à la cybersécurité. Grâce à leur rôle d’informateurs et de relais auprès du public, ils sont appelés à contribuer activement à la diffusion des bonnes pratiques et à la promotion d’une culture numérique responsable.

Les différents modules de formation ont abordé des thématiques variées, notamment la sécurisation des sites internet, la protection des téléphones portables et des ordinateurs, l’authentification multifactorielle, l’utilisation sécurisée des réseaux privés virtuels (VPN), la lutte contre les tentatives d’hameçonnage ainsi que les techniques de préservation des sources journalistiques.

Le caractère interactif et pratique des enseignements a particulièrement retenu l’attention des participants. Loin des approches théoriques classiques, les formateurs ont privilégié des mises en situation réelles permettant aux journalistes d’expérimenter eux-mêmes les outils et les méthodes présentés.

Présent à la clôture des travaux, le président de l’Observatoire Togolais des Médias (OTM), Fabrice Pétchézi, a salué la pertinence de cette initiative. Il a encouragé les professionnels de l’information à intégrer davantage les questions liées à la cybersécurité dans leurs productions médiatiques afin de contribuer à l’éducation et à la protection des citoyens face aux risques du monde numérique.

À travers cette formation, l’ANCy entend ainsi bâtir un réseau de journalistes mieux préparés aux enjeux du cyberespace et capables de porter auprès des populations un message essentiel : dans un univers de plus en plus connecté, la sécurité numérique est l’affaire de tous.