BRVM : l’AASCOT veut réveiller l’épargne et aiguiser l’appétit boursier des Togolais

ECONOMIE SOCIETE

À travers une conférence consacrée au marché financier régional, l’Association des actionnaires des sociétés cotées à la BRVM entend insuffler une nouvelle culture boursière aux épargnants togolais

Et si l’argent épargné cessait de dormir pour commencer à travailler ? C’est, en substance, l’ambition portée samedi 29 août 2026 à Lomé par l’Association des actionnaires des sociétés cotées à la BRVM (AASCOT BRVM Togo), à l’occasion d’une conférence consacrée aux mécanismes, aux opportunités et aux risques du marché financier régional de l’UEMOA.

Réunis à la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI Togo), dirigeants d’entreprises, actionnaires, investisseurs, entrepreneurs, étudiants et autres curieux de la finance ont, durant près de quatre heures, passé au crible les rouages de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM). Une rencontre qui se voulait autant pédagogique que pratique, avec une idée-force : on ne confie pas son argent à un marché que l’on ne comprend pas.

À l’ouverture des travaux, le président de l’AASCOT BRVM Togo, Ferdinand Kodjovi Edoh, a ainsi appelé les investisseurs togolais à regarder le marché régional avec davantage d’intérêt, mais surtout avec davantage de discernement.Pour lui, la période 2026-2027 offre des perspectives intéressantes, à condition de savoir distinguer l’opportunité du mirage. « Une opportunité qu’on ne comprend pas devient un risque », a-t-il martelé, invitant les participants à ne plus considérer la Bourse comme un univers réservé aux initiés.

Le message est clair : avant de faire fructifier son capital, il faut faire fructifier sa connaissance.

L’une des principales ambitions de cette rencontre était également de déconstruire certaines idées reçues sur la BRVM. Le marché financier régional de l’UEMOA ne saurait être réduit à son siège opérationnel d’Abidjan. Il constitue un espace financier commun aux huit États membres de l’Union, avec des investisseurs, des entreprises et des opportunités répartis dans l’ensemble de cet espace communautaire.

Au Togo, cette proximité est notamment assurée par l’Antenne nationale de la Bourse (ANB) BRVM Togo, dirigée par Bertrand BODET, qui a livré une communication sur le thème : « Marché financier boursier de l’UEMOA : Opportunités et fonctionnement ».

Une intervention destinée à permettre aux participants de mieux comprendre l’architecture du marché, ses acteurs, ses instruments ainsi que les différentes portes d’entrée pour l’investisseur particulier.Car, comme l’a rappelé Ferdinand Edoh, « le marché, c’est huit pays, une monnaie, un marché ». Une manière de rappeler que la Bourse régionale appartient aussi aux épargnants togolais et que l’investissement peut se penser au-delà des frontières nationales.

La formation s’est poursuivie par un panel consacré à une question particulièrement concrète : faut-il privilégier les Fonds communs de placement (FCP) ou investir directement dans les actions et les obligations ?Professionnels des sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI), représentants des sociétés de gestion d’OPCVM (SGO), responsables de l’ANB BRVM Togo, membres de l’AASCOT et analyste financier indépendant ont confronté leurs expériences et leurs éclairages. L’objectif n’était pas de désigner un placement miracle, mais de rappeler une règle élémentaire : tout rendement potentiel comporte son lot de risques et toute décision financière mérite d’être précédée d’une bonne dose d’information.

À travers cette approche, l’AASCOT se positionne davantage comme un trait d’union entre l’épargnant et les professionnels du marché. L’association tient d’ailleurs à clarifier son rôle. Elle n’est ni une BRVM, ni une SGI, ni une SGO et ne commercialise aucun produit financier.Sa vocation est plutôt de former, informer, accompagner et défendre l’investisseur, afin que celui-ci puisse prendre ses décisions en toute connaissance de cause.

Au terme de la rencontre, Ferdinand Kodjovi Edoh a livré un message qui résume à lui seul la philosophie de l’initiative : l’investisseur ne doit plus être spectateur de son propre argent.« L’information, c’est une arme, c’est un pouvoir », a-t-il insisté, appelant les participants à consulter les rapports d’activité, à examiner les bilans des sociétés cotées, à interroger leurs gestionnaires et, surtout, à prendre une part active dans la gestion de leur patrimoine.Son invitation se veut concrète : ouvrir un compte-titres pour ceux qui n’en disposent pas, valoriser son portefeuille, poser des questions aux gestionnaires et réclamer des explications lorsque celles-ci font défaut.Autrement dit, il ne suffit plus de mettre de l’argent de côté ; il faut aussi savoir où, pourquoi et comment le faire travailler.

L’AASCOT a, par ailleurs, tenu à préciser sa mission : elle ne vend pas de produits financiers et ne gère pas l’argent des investisseurs. Elle entend plutôt informer, former, accompagner et défendre les actionnaires afin qu’ils prennent leurs décisions en toute connaissance de cause.

Avec 47 sociétés cotées et 205 lignes obligataires en 2026, la BRVM offre un éventail d’opportunités qui reste encore à mieux exploiter par les particuliers. À travers cette initiative, l’AASCOT entend ainsi rapprocher davantage la Bourse des épargnants togolais et contribuer à l’émergence d’une véritable culture de l’investissement.