Dans un contexte où la protection de l’enfance s’impose comme un impératif social majeur, la Ligue Togolaise pour la Protection de l’Enfance (LTPE) a été reçue en audience le jeudi 23 avril dernier par Moni Sankaredja-Sinanja, ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, entourée de ses collaborateurs techniques.
Une rencontre à haute portée sociale qui traduit la volonté commune de renforcer les mécanismes institutionnels dédiés à l’encadrement des familles et à la sauvegarde des droits des enfants vulnérables au Togo.
Au cœur des échanges, la LTPE a déroulé une série de propositions structurantes, inspirées par la nouvelle orientation du département ministériel qui intègre désormais la notion de famille dans son appellation et dans sa vision d’action. L’organisation a notamment plaidé pour la création d’une Direction Générale de la Famille (DGF), véritable socle administratif destiné à mieux coordonner les politiques familiales. Dans cette dynamique, la Ligue a également suggéré la mise en place de deux directions techniques spécialisées : l’une consacrée aux familles d’accueil (DFA), l’autre dédiée aux familles vulnérables (DFV). À cela s’ajoute la proposition d’élaborer et d’adopter une Politique Nationale de la Famille (PNF), afin de bâtir un cadre cohérent capable de répondre aux défis sociaux contemporains.
Par ces recommandations, la LTPE ambitionne de replacer la famille au centre de la protection de l’enfant, convaincue que des foyers solides constituent les premières forteresses contre la précarité, l’abandon et l’exclusion sociale.
Enfants de la rue : briser le cycle de l’errance
La problématique des enfants en situation de rue a également occupé une place prépondérante dans les discussions. À travers son Programme d’Appui à la Réinsertion des Enfants de Rue au Togo (PARER-T), la LTPE entend porter une réponse concertée, humaine et durable à ce phénomène préoccupant qui fragilise le tissu social.
L’organisation a ainsi partagé les conclusions de plusieurs études menées sur le terrain, tout en insistant sur la nécessité d’une synergie d’actions entre l’État, les collectivités, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile. Car derrière chaque enfant de la rue se cache une histoire brisée qu’il convient de réparer avec des politiques publiques adaptées et des mécanismes d’accompagnement efficaces.
Vers une cartographie nationale des structures d’accueil
Saluanт la pertinence des initiatives présentées, la ministre Moni Sankaredja-Sinanja a insisté sur l’importance de poursuivre le recensement des structures d’accueil des enfants en difficulté. L’objectif est de disposer d’une cartographie exhaustive permettant un meilleur suivi, une coordination renforcée et une prise en charge plus efficiente des enfants vulnérables.
La LTPE a, pour sa part, précisé que cette opération de recensement est déjà achevée dans le Grand Lomé et qu’elle sera progressivement étendue aux autres régions du pays, afin qu’aucune structure ni aucun enfant ne demeure dans les angles morts de la protection sociale.
Cap sur la Journée de l’Enfant Africain 2026
Profitant de cette audience, la Ligue a également invité la ministre à prendre part à l’atelier qu’elle organise en juin prochain dans le cadre de la Journée de l’Enfant Africain. Le thème retenu, à forte portée institutionnelle et sociale, s’intitule : « Gouvernance concertée et efficacité des dispositifs de prise en charge des enfants en difficulté au Togo : renforcer les mécanismes de collaboration pour une réponse adaptée aux besoins essentiels ».
Une thématique qui résonne comme un appel à conjuguer les efforts et à fédérer les énergies autour d’une même ambition : offrir à chaque enfant togolais un horizon plus digne et plus protecteur. Madame Sankaredja-Sinanja a salué cette initiative et confirmé sa participation à cette rencontre d’échanges et de réflexion.
