Culture togolaise : Isaac Tchiakpè ouvre la voie à un cadre permanent de concertation

CULTURE

Entre volonté de dialogue et exigence de résultats, le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts entend désormais institutionnaliser les échanges avec les professionnels de la culture. Réunis , lundi 05 octobre 2026 , autour du ministre Isaac Tchiakpè, les représentants des acteurs culturels ont convenu de la mise en place d’un « cadre permanent de concertation », appelé à devenir un espace régulier de dialogue et de suivi des revendications du secteur.

La rencontre, tenue à huis clos dans une atmosphère qualifiée de « conviviale » par les participants, marque ainsi une nouvelle étape dans les relations entre la tutelle et les organisations professionnelles. Mais si le dialogue semble désormais avoir trouvé une nouvelle table, les revendications, elles, restent bel et bien sur la table.

La principale avancée issue de cette rencontre réside dans l’accord de principe autour de la création d’un cadre permanent de concertation. L’objectif est de permettre au ministère et aux différentes composantes du secteur culturel de se retrouver régulièrement, d’examiner les préoccupations exprimées et surtout d’assurer le suivi des réponses apportées. Des cadres techniques du ministère ainsi que plusieurs personnes-ressources ont également participé aux échanges consacrés aux difficultés du monde culturel et aux pistes susceptibles d’y apporter des réponses concrètes. « Par ailleurs, nous avons ensemble acté pour la mise en place d’un cadre permanent de concertation », a indiqué Vinyo Aziati, directeur de la promotion des arts et de la culture.

Pour les acteurs du secteur, ce mécanisme pourrait constituer un outil de dialogue durable, à condition que la concertation ne demeure pas un simple exercice de paroles croisées, mais débouche sur des décisions suivies d’effets.

Parmi les principales revendications portées par les organisations professionnelles figure le déblocage du Fonds national de promotion culturelle, considéré comme l’un des leviers essentiels au financement et au développement des initiatives culturelles. Sur ce point, le ministère assure que le processus suit son cours. Les démarches relatives à la mise en place des organes du Fonds seraient engagées et sa disponibilité pourrait intervenir dès la publication du décret attendu.« Le fonds de cette année 2026 est toujours disponible au niveau du Trésor. Le fonds n’a pas été dépensé », a rassuré Vinyo Aziati.Une précision qui se veut rassurante, mais qui ne dissipe pas entièrement les interrogations des professionnels de la culture, lesquels attendent désormais de voir le mécanisme passer du statut de ressource disponible à celui de véritable outil opérationnel.

Si la création du cadre permanent de concertation constitue un signal d’ouverture, elle n’a toutefois pas suffi à apaiser totalement les acteurs culturels.« Nous ne sommes pas complètement satisfaits », a déclaré Ariel Dassanou, président de la Fédération Togolaise de Musique (FTM).Pour le responsable de la FTM, les différents points inscrits dans la plateforme de revendications ne sont pas encore assortis d’engagements suffisamment précis, notamment en termes d’actions concrètes et de délais d’exécution.

La création du nouveau cadre de dialogue ne signifie donc pas la fin de la mobilisation. Le sit-in annoncé pour le 12 octobre demeure maintenu.« Cela ne démobilise pas, nous les acteurs culturels, et la stratégie que nous avons mise en place, notamment le sit-in de ce 12 octobre, tient », a affirmé Ariel Dassanou.Les organisateurs entendent néanmoins inscrire cette mobilisation dans le strict respect du cadre légal. « Nous prendrons toutes les dispositions pour que cela se fasse dans le respect des lois qui régissent l’organisation de ce type d’événements », a-t-il précisé.

Face aux critiques faisant état d’un déficit de concertation avec les organisations professionnelles depuis sa prise de fonction, le ministre Isaac Tchiakpè a défendu l’ouverture de son département aux acteurs du secteur.Le ministre a notamment rappelé plusieurs rencontres organisées depuis son arrivée à la tête du ministère, bientôt douze mois. Il a cité la rencontre du 26 novembre 2025, celle du 23 mars avec la Fédération Togolaise de Musique, du 17 avril avec le Conseil national des arts et de la culture (CNAC), ainsi que celle du 8 mai avec l’ensemble des fédérations.