Du 19 au 22 octobre 2026, Lomé accueille une mission de haut niveau de la Commission de l’Union africaine consacrée à l’accélération de la Déclaration de Kampala sur le Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA). À l’horizon 2035, l’ambition est claire : faire des engagements continentaux un véritable levier de transformation agricole, de souveraineté alimentaire et de développement durable.

Le continent entend passer des promesses aux récoltes concrètes. Ouverts officiellement le 20 octobre à Lomé, les travaux de cette mission de haut niveau visent à traduire les orientations de la Déclaration de Kampala en actions adaptées aux réalités et aux priorités nationales du Togo. Une démarche stratégique qui place la transformation des systèmes agroalimentaires au cœur des enjeux de développement.
Au cœur des échanges figurent plusieurs défis majeurs : accroître la production agroalimentaire, combattre l’insécurité alimentaire, renforcer la résilience face aux changements climatiques et promouvoir une gestion durable des ressources naturelles. À l’horizon 2035, la Déclaration de Kampala ambitionne notamment d’augmenter de 45 % la production agroalimentaire et de tripler les échanges commerciaux de produits agricoles entre les pays africains.
Derrière ces objectifs chiffrés se dessine une ambition plus vaste : faire de l’agriculture un moteur de croissance, d’intégration économique et de prospérité partagée. Pour l’Afrique, il ne s’agit plus seulement de produire pour nourrir, mais également de transformer, de valoriser et de commercialiser davantage les richesses issues de ses terres.

Représentant le ministre chargé de l’Agriculture, le directeur de cabinet, Dindiogue Konlani, a souligné la nécessité d’une mobilisation inclusive de l’ensemble des acteurs du secteur. Il a plaidé pour une approche fondée sur la co-construction et le co-investissement, dans laquelle l’État privilégie davantage ses fonctions de facilitation et de régulation.
Cette orientation traduit la volonté de faire converger les efforts des pouvoirs publics, du secteur privé et des autres parties prenantes autour d’une vision commune. Le gouvernement togolais entend ainsi accélérer la mise en œuvre de la Déclaration de Kampala, notamment à travers le ProMAT, afin de renforcer la dynamique de modernisation et de développement du secteur agricole nationale
Pour sa part, Moses Vilakati, commissaire de l’Union africaine chargé de l’Agriculture, du Développement rural, de l’Économie bleue et de l’Environnement durable, a mis en exergue l’importance d’une action concertée pour transformer durablement les systèmes agroalimentaires africains.
Les conclusions de cette mission sont attendues pour consolider la coopération entre les secteurs public et privé et préciser les prochaines étapes de la politique agricole nationale. Car, de la terre à l’assiette, la transformation agricole exige bien davantage que des engagements : elle appelle des investissements conséquents, une gouvernance efficace et des actions coordonnées.