Notaires du Togo : se former pour mieux sécuriser les actes et apaiser les conflits

SOCIETE

La Chambre nationale des notaires du Togo (CNNT) entend adapter la pratique notariale aux exigences d’un monde en pleine mutation. Ouverte mercredi à Lomé, une session de formation de trois jours offre aux professionnels l’occasion d’actualiser leurs connaissances et de renforcer leurs compétences face aux évolutions juridiques, numériques et professionnelles. Au cœur des échanges : la médiation, la cybersécurité et le tarif notarial, avec une ambition affirmée : conjuguer excellence professionnelle, qualité du service public et sécurité juridique au bénéfice des citoyens.

Pour Me Tcha Plinga Ebezou, président de la CNNT, l’exercice du notariat ne saurait se satisfaire des acquis. Dans un environnement où le droit se complexifie, où les échanges s’accélèrent et où le numérique redessine les pratiques, la formation continue s’impose comme un levier incontournable de perfectionnement.

« Le notaire ne peut plus se limiter à la rédaction des actes authentiques dans un contexte marqué par la complexification du droit, l’accélération des échanges et la digitalisation des procédures. La formation continue est un impératif pour l’excellence de la profession », a-t-il souligné.

Cette exigence traduit une conviction : pour rester à la hauteur de ses responsabilités, le notariat doit conjuguer maîtrise des fondamentaux et adaptation aux nouveaux défis. Car garantir la sécurité juridique, c’est aussi anticiper les risques, intégrer les évolutions technologiques et offrir aux citoyens un accompagnement toujours plus fiable.

La première journée a été consacrée à la médiation, avec l’intervention du professeur Akodah Ayewouadan, enseignant de droit à l’Université de Lomé. À travers le module intitulé « Le notaire, acteur naturel du processus de médiation », les participants ont exploré le cadre juridique de la médiation au Togo, ses enjeux et la contribution que les notaires peuvent apporter à ce mode de règlement des différends.

Au-delà de l’établissement des actes et du conseil juridique, les discussions ont mis en lumière une dimension complémentaire de la fonction notariale : celle d’un professionnel susceptible de favoriser le dialogue entre les parties et de contribuer à la recherche de solutions amiables.

Du règlement des actes à l’apaisement des différends, le notaire est ainsi appelé à faire valoir toute la portée de son expertise. Sa connaissance du droit, son devoir d’impartialité et sa proximité avec les parties constituent autant d’atouts pour faciliter la compréhension des intérêts en présence et prévenir, lorsque les circonstances s’y prêtent, l’enlisement des conflits.

Cette approche s’inscrit dans une dynamique de promotion des modes alternatifs de règlement des différends, qui offrent aux parties des possibilités de résolution adaptées à leur situation. La médiation apparaît dès lors comme un outil complémentaire à la voie judiciaire, sans se substituer aux garanties et aux procédures prévues par la loi.

En plaçant la médiation au premier rang de ses travaux, la CNNT met en lumière l’évolution attendue d’une profession dont la mission ne se résume pas à authentifier les actes. Le notaire demeure un conseiller impartial et un garant de la sécurité juridique, mais son expertise peut également contribuer à prévenir les litiges et à favoriser leur résolution concertée.

Les travaux consacrés à la cybersécurité et au tarif notarial viendront compléter cette réflexion, autour de préoccupations tout aussi déterminantes pour l’exercice de la profession. À l’heure de la dématérialisation croissante des procédures, la protection des données et la fiabilité des échanges numériques deviennent des enjeux majeurs. La maîtrise du tarif notarial participe, quant à elle, à la transparence des pratiques et à une meilleure compréhension des prestations par les usagers.

À travers cette session de formation, la Chambre nationale des notaires du Togo entend ainsi inscrire le perfectionnement professionnel dans une démarche durable. L’enjeu est clair : faire évoluer les pratiques sans renoncer aux principes qui fondent le notariat, afin que la rigueur du droit demeure au service de la confiance, de la prévention des conflits et de la sécurité des citoyens.