Togo : Une double naissance institutionnelle sous le sceau de la souveraineté

POLITIQUE

L’histoire retiendra ce jour comme un moment charnière dans la marche républicaine du Togo. Entre volonté populaire exprimée dans les urnes et respect scrupuleux des dispositions constitutionnelles, le pays vient de franchir un cap décisif avec la désignation du Président du Conseil et l’élection du nouveau Président de la République.

C’est dans une atmosphère empreinte de solennité et de responsabilité que le Parlement réuni en Congrès a officiellement procédé à l’élection du Président de la République, conformément à l’article 35 de la Constitution. Issu des rangs des groupes parlementaires régulièrement constitués, le candidat élu l’a été au scrutin secret, à la majorité absolue au premier tour. Faute de consensus immédiat, un troisième tour aura été nécessaire, au terme duquel la majorité simple a tranché.

Dans la foulée, le Président de la République nouvellement élu a prêté serment devant le Congrès, jurant fidélité à la Constitution et s’engageant à œuvrer pour l’unité nationale, la paix et le bien-être du peuple togolais. Un serment fort, écho d’un engagement que la nation entière attend de voir se traduire en actes.

Mais cette élection n’était que l’un des deux piliers de ce grand tournant institutionnel. En amont, la désignation du Président du Conseil avait déjà marqué une première étape majeure. Conformément à l’article 47, le chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale – ou celui de la coalition disposant de la majorité – a été désigné Président du Conseil, après proclamation officielle des résultats législatifs par la Cour constitutionnelle.

Le nom du Président du Conseil a été transmis par écrit au bureau de l’Assemblée nationale, qui en a pris acte lors d’une séance plénière. Sans délai, la Cour constitutionnelle a été saisie pour recevoir son serment. C’est au sein de cette haute juridiction que le Président du Conseil a juré, devant Dieu et devant le peuple togolais, de défendre la Constitution, de servir loyalement la République et de consacrer ses forces au développement, à la paix et à la cohésion nationale.

Âgé de plus de quarante ans, de nationalité togolaise de naissance, ayant résidé sur le territoire national depuis plus d’un an, et reconnu apte physiquement et mentalement par trois médecins assermentés, le Président du Conseil incarne les exigences élevées fixées par l’article 48. S’il siégeait déjà au Parlement, il a dû, comme l’exige la loi, démissionner de son mandat pour se consacrer pleinement à sa nouvelle fonction.

Ce double événement marque le début d’une nouvelle ère institutionnelle pour le Togo. Comme l’énonce l’article 97, les pouvoirs de l’ancien Président de la République ont pris fin dès l’entrée en fonction du nouveau Président du Conseil et l’élection du Chef de l’État. La transition s’est opérée sans heurt, dans le strict respect du droit, reflet d’une démocratie qui se structure et se raffermit.

La nation togolaise, à travers cette double nomination, se dote désormais d’un binôme exécutif renouvelé, porté par la légitimité des urnes et la force des institutions. Place désormais à l’action, sous le regard vigilant d’un peuple qui, par son vote, a confié un mandat clair : celui de bâtir, de servir et d’unir