Le Bénin mise sur la culture :823 millions pour inspirer l’avenir : le FDAC trace une nouvelle voie culturelle

CULTURE

Un vent nouveau souffle sur la scène culturelle béninoise. Dans l’air flotte une promesse : celle d’un avenir où la création cesse d’être un luxe pour redevenir un levier. Dans les locaux feutrés de l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (ADAC) à Cotonou, le Bénin a tourné une page pour en écrire une autre. Le Fonds de Développement des Arts et de la Culture (FDAC), héritier régénéré de l’ancien Fonds des Arts et de la Culture (FAC), a dévoilé sa première vague de financements : plus de 823 millions de francs CFA injectés dans 42 projets culturels. Plus qu’une distribution de chèques, un manifeste d’espérance.

Une renaissance sous le sceau de la rigueur et de la vision

Le FDAC n’est pas qu’un simple acronyme. Il porte une philosophie : celle d’une culture qui se pense, se structure et se projette. Sous la houlette vigilante de l’ADAC, ce mécanisme nouveau entend instaurer l’équité dans l’accès aux ressources, professionnaliser les acteurs et stimuler la vitalité de l’économie créative. En clair, il ne s’agit plus de subventionner pour subventionner, mais d’investir pour transformer.

La cérémonie, présidée par la Directrice adjointe de Cabinet du Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, a réuni les visages familiers et les âmes passionnées du secteur. Tous sont venus assister à la renaissance d’un instrument longtemps en sommeil, désormais réinventé pour servir la performance.

Parmi les 763 candidatures reçues, seuls les projets les plus solides ont franchi la barrière du comité scientifique indépendant. Théâtre, musique, cinéma, littérature, arts visuels, mode ou design : l’arc-en-ciel de la création béninoise a trouvé son prisme dans ce nouveau dispositif.

« Ce fonds n’est pas un simple instrument de financement, mais le reflet d’une politique de confiance et de responsabilité », a souligné Glwadys Gandaho, représentante du ministère. Dans la même veine, William Codjo, Directeur général de l’ADAC, a rappelé que ces financements constituent des contrats de performance avec le peuple béninois. « Ce chèque est un point de départ, non une finalité. Il s’accompagne d’un suivi strict et d’un programme de renforcement de capacités pour garantir l’impact des projets », a-t-il insisté.

Ici, la subvention se mue en engagement, le soutien public en pacte de rigueur. L’État ne tend plus la main, il tend un cap.

De la politique culturelle à la politique de confiance

Depuis la réforme de 2016, le Bénin a pris résolument le pari de faire de la culture un pilier économique. Rénovation d’infrastructures, professionnalisation des métiers, accompagnement des talents : le pays s’outille pour faire de sa créativité une économie d’avenir. Le FDAC vient couronner cette vision, en assurant la continuité d’une politique publique fondée sur la transparence et l’évaluation.

Chaque projet financé sera suivi, évalué, accompagné. Cette démarche inédite introduit une culture du résultat dans le secteur culturel lui-même, souvent jugé insaisissable. Il s’agit désormais de faire de la création un moteur mesurable de croissance, sans pour autant lui ôter son âme.

La fierté retrouvée des créateurs

Dans la salle, les applaudissements avaient un goût particulier : celui de la reconnaissance. Un musicien, lauréat du programme, résumait avec émotion ce sentiment partagé :

« Nous nous sentons enfin considérés comme des professionnels à part entière, et non comme des demandeurs d’aumône. »

Car au-delà des chiffres et des discours, c’est bien la dignité du créateur béninois qui se voit restaurée. Le FDAC devient ainsi un miroir où la culture se regarde avec fierté et ambition, loin de l’assistanat d’hier.

La renaissance du FDAC marque une mue administrative et symbolique : celle d’un État qui confie la gestion de la création à une structure autonome, souple et compétente. Mais cette confiance appelle vigilance. L’enjeu sera de maintenir la rigueur de la sélection, de préserver la transparence et de garantir un impact socio-économique durable.

Les 42 projets financés ne sont que les premières notes d’une symphonie nationale qui ne demande qu’à s’écrire. Si la partition est bien jouée, elle pourrait résonner au-delà des frontières, offrant au continent un exemple inspirant de gouvernance culturelle moderne.

Au Bénin, la culture ne quémande plus : elle conquiert. Le FDAC en est la preuve vivante, battant au rythme d’un pays qui a compris qu’investir dans la création, c’est investir dans la mémoire, la jeunesse et l’avenir.

La rédaction – source : nooculture